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ACTE DEUXIÈME

Ne cherche pas ailleurs le dieu qu'il faut prier. Invoque Eros. Désigne à son arc meurtrier Le cœur de Johannès qui s'y croit insensible. Toi-même sois le trait dont ce cœur est la cible, Fais l'ellort où son mot d'adieu t'encouragea. Vers Christ? .Non. Mais vers lui. Car il t'aime déjà. Sache-le bien, plus qu'il ne veut, plus qu'il ne pense. Encore cet effort, et c'est la récompense ! Et tu verras Eros, le premier né des dieux, Eros, tils du Ciiaos, terrible et radieux. Eros puissant, Eros qui cré", Eros qui tue. Mettre à tes pieds vainqueurs cette proie abattue I

Ah! toi seul, ô vieux sage, es mon ami, toi seul !

Tes yeux clairs ont troué la nuit de mon linceul.

Oui, tu m'as réveillée. Oui, je veux encor vivre.

Tes conseils sont un vin d'espoir, et j'en suis ivre.

Ce rajeunissement dont j'avais soif et faim.

La fleur dont il jaillit, je l'ai trouvée enfin I

Et ce n'est pas toi, lys, lourd de mystiques fièvres,

Mais toi, rose, dont les pétales sont des lèvres,

Rose dont l'âpre suc, chaud de chaudes liqueurs.

Verse la rage des voluptés dans les cœurs.

Et je t'invoque. Amour, sois mon rouge complice,

Avec ta rose ayant un bûcher pour calice.

Amour, seul éternel, seul maître, seul divin,

Irrésistible Amour que j'oubliais en vain

Et dont la llamnie tout entière me pénètre I

Amour, à Johannès aussi fais-toi connaître 1

S'il est vrai que déjà son cœur s'échauffe un peu.

Viens-y flamber de tout ton incendie, ô dieu !

Viens, qu'il y fonde enfin comme j'y fonds moi-même 1

r^rjc l'aime, entends-tu, je l'aime! et veux qu'il m'aime.

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