ACTE TROISIÈME
LATRO
Il le faut.
THOMRYS
Mon moyen est plus sur. Il vaut mieux.
LATRO
Rien ne vaut Ce fer bien acéré qui d'un coup m'en délivre. Zythophanès nous croit occupés à les suivre De loin. Personne ici que toi pouvant me voir.
THOMRYS
Flammeola saura...
LATRO
Qui lui fera savoir?
Toi?
TKOMRTS
Non.
LATRO
Alors?
THOMRYS, très décidée.
Enfin, je ne veux pas.
LATRO
Prends garde!
Pourquoi ne veux-tu pas, donc ?
THOMRYS, élevant la voix.
Cela me regarde.
LATRO, la prenant j"! la gorge.
Ah! tais-toi!
TUO.MR*, se dégageant et criant.
Johannés !
82 LA MARHRE
JOHANNÈS, se retournant et d'une voix de rêve.
Quoi?
Soit! J'aime encor mieux Le tuer face à face et mes yeux dans ses yeux.
Pendant qu'il parle. Johannès s'est dressé à demi, lentement Latro marche vers lui, sans hâte.
JoiiAîfN'î;s très calme.
Frappe donc, si c'est là ta monsU'ueuse envie. J'ai l'absolution. Je peux quitter la vie, J'ignore d'oïi te vient cette .soif de mon sang; Mais j'en ferai l'offrande à Christ en le versant.
Tiio.MRYS, à Latro.
Encore un coup, mon plan est meilleur. Rends-toi compte...
LATKO, la repoussant avec brutalité.
y on, non, va-t'en. Il faut que je le tue.
Il brandit son glaive, s'approche de .lohannès immobile pour l'ei fcapper, puis laisse retomber son bras.
0 honte!
Qu'est-ce que j'ai? Pourquoi mon glaive dans ma main Tremble-t-il?
JOHAN.NÈS, se relovant un peu.
C'est qu'en toi quelque chose d'humain S'émeut encor, pauvre être aux colères de fauve. N'y sois pas insensible, homiue, et ton âme est sauve. En poussant jusqu'au bout ton horrible dessein, D'elle, autant que de moi, tu serais l'assassin.
LA rno Je n'ai point d'âme.
JOIIaNSès, continuant à se relever peu à peu.
Si! C'est sa voix qui s'élève Et qui fait dans ta main treiubler ainsi ton glaive. Écoute-la, ton âme, ô mon frère e'garè! Et dans le bon chemin je te ramènerai.