ACTE QUATRÎÈME
JOHA.NNKS
Oii, plus brûlante.
Ils restent silencieux un moment, les yeux dans les yeux.
Parle I Oh! parle-moi, tout bas!
Ma tête est lourde, et si légère est ton haleine !
FLAMMEOLA, lui prenant les deux mains.
Donne-les-moi, tes mains. Ainsi que Madeleine Caressa les pieds nus du Maître, je voudrais Répandre sur tes mains en feu mes cheveux frais. Laisse-toi faire, laisse un peu, je t'en supplie! C'est l'humble chose par Madeleine accomplie; Et me la refuser, tu n'en as pas le droit. Sont-ils frais à tes mains, dis?
JOHASSÈS, très troublé.
Ils m'y donnent froid.
Et la flamme à présent, une flamme de forge. C'est dans mon front (jue je la sens, et dans ma go;ge. Et dans mes yeux brouillés au regard obscurci
FLAM.MEOI,A
Et dans ton cœur peut-être?
JOHANNÈS, de plus en plus troublé.
Oui, dans mon coeur aussi.
Il me semble qu'en moi mon sang bout et fermente.
FLAMMEOLA, qui a cueilli au bord du vase un brin de plante qu'elle mordille, et en pressant Johaunès de plus en plus, jusqu'à la fin du couplet, à la fois coquette, câline, douloureuse et passionnée.
Si tu cueillais à mes lèvres ce brin de menthe,
Tu désaltérerais l'àpre soif de ton sang.
Tel du sable au baiser d'un ruisseau jaillissant,
Si tu cueillais à mes lèvres ce brin de menthe !
Ne veu.\-tu pas? Pourquoi soulTrir? Ta soif augmente,
Je le vois. Tes grands yeux sont pleins d'égarement.
Sois bon pour toi. Sois bon pour nous. Rien qu'un moment !
Et tu le guérirais, le mal qui nous tourmente.
Si tu cueillais à mes lèvres ce brin de menthe.
Car je souffre, mon Johannès, je souffre aussi ; Et pour mon cœur, brûlant tour à tour et transi. C'est comme pour le tien, c'est la fin de nos fièvres, Si tu le cueilles, ce brin de menthe, à mes lèvres.
Elle s'est couchée peu à peu, en arrière, de façon que sa tête «oit posée sur les coussins, la face vers celle de Johannés inclina, et lui offrant sa bouche.
JOHANNÉS, comme attiré par un goulTre, où il tombe enfin, en posant ses lèvres sur celles de Flammeola.
Oui, oui, je le veux, donne'.
Ils demeurent éperdus dans un long baiser.