ACTE I, SCÈNE III
1)0 X PF.DItK.
Et cela s’imprime pour «pie les étrangers se moquent de nous tous!
DON ÉLEUTÉRIO.
Appeler Anerie une espèce de chœur entre l’enipereur, le vizir et le sénéchal ! Mais , sur ma foi , je ne sais pas ce que ces gens-là veulent. Si , au temps d’aujourd’hui, on ne peut plus écrire rien, rien qui ne soit déchiré et censuré... Des Aneries! Oh! prenez garde...
PÉPÉ
Allez, ne faites pas attentiou, monsieur!
I)ON ÉLEUTÉRIO , s'adressant à Pépé jusqu'à la fin de la scène.
Sans doute je n’y fais pas la moindre attention; mais cela me met hors de moi de les entendre gloser à perte de vue. Imagine-toi donc si une fin de pièce peut se présenter d'une manière plus naturelle et plus ingénieuse? L’empereur est lotit rempli de crainte, parce qu’il a trouvé à terre un papier sans signature et sans adresse, et que dans ce papier il s’agit de l’assassiner. Le vizir, de son côté, est tout feu et flamme pour arriver à la possession de la belle Marguerite, la fille du comte de Strambangaum, qui est le Iraitre...
PÉPÉ
0 ciel ! il y a aussi un traître? Ah! que j’adore, donc les comédies où l’on voit des traîtres!
DON ÉLEUTÉRIO.
Bref, comme je viens de te l’expliquer, le vizir est amoureux fou.de la belle personne. Enfin, le séné-
chai, qui est la crème des honnêtes gens, ne dort pas non plus sur ses deux oreilles; car il sait les machinations du comte pour lui soustraire son emploi , et qu’il débite soir et matin à l’empereur un ta3 d’histoires contre lui. De sorte que, comme chacun de nos trois personnages est fort occupé de son affaire, il parle de cette affaire-là. Et quoi de plus naturel, en définitive? (Usant.)
Et du temps que mes soupçons...
Et en attendant que mes espérances...
Et jusqu’à ce que mes...
i S'interrompant.) Ah! c'est vous, seigneur don Hermogène! Dieu! que vous arrivez à propos!
( Il remet la pièce dans la poche de son habit , et s'avance vers don Hermogène, qui entre par la porte du fond.)