‹ Théâtre espagnolChapitre 141 sur 405 · ACTE U, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE U, SCÈNE Vil

PÉPÉ

Dame! je veux bien, si ces messieurs..,

DOS A AGISTIMA.

Non, non, il n’est pas nécessaire.

DOSA MARIQU1TA.

Ainsi, ma sœur, vous allez mieux?

DOM ÉLKLTÉRIO.

Tu te sens soulagée?

DONA AGl'STIMA.

Oui, un peu.

DOM SÉRAPIO.

Ah! sur ma foi, un coup pareil est fait pour émouvoir.

DOM ANTOMIO.

Mais ne pourrait-on connaître la cause de cette défaillance?

DOM ËLEUTÉRIO.

La cause, monsieur! la cause! Parbleu! c’est qu’il y a une race de serpents et de malintentionnés... C’est que... Oh! tenez, 11e me parlez pas de ces gens-là, car, voyez-vous... Les infâmes! Quand donc leur a-t-on offert une comédie plus parfaite ?

DOM PÈDRK.

Ah ça ! mais je n’y suis pas encore.

DONA XARIQCITA.

Écoutez, monsieur; l’histoire est bien simple. Ce jeune cavalier est à la fois mon frère, le mari de cette dame, et malheureusement aussi l’auteur de la maudite pièce qu’on a représentée ce soir. Nous sommes donc allés pour la voir ensemble; mais

aoî LA COMÉDIE NOUVELLE, OU LE CAFÉ.

lorsque nous sommes arrivés, on en était déjà au second acte. Là il y avait d’abord une tempête, puis un conseil de guerre, puis un ballet, puis un enterrement, et cætera; puis, en dernier lieu, après tout ce tintamarre , vint la scène où la dame parut conduisant par la main un petit garçon, et ce petit garçon et la dame étaient tourmentés d’une faim atroce. Le petit garçon criait : « Maman, du pain ! » Et làdessus la mère répondait en invoquant Démogorgon et le chien Cerbère. Juste au moment où nous entrions , ce colloque entre la mère et le marmot venait de commencer. 11 fallait voir le parterre ! comme il se démenait! comme on toussait! comme on éternuait! comme on bâillait! Enfin, de tous côtés, c’était un tapage infernal ! Bref, comme jo Vous l’ai dit, voilà la dame qui arrive; mais à peine a-t-eHe annoncé qu’elle n’a pas mangé depuis six jours, à peine le marmot a-t-il commencé à crier, « Maman ■, du pain !» et la dame à répondre qu’elle n’en a pas, que toute la foule, s’il vous plaît, déjà poussée à bout par la tempête, le conseil de guerre, le ballet et l’enterrement , se hâte de monter un nouveau sabbat. Le tumulte s’accroît de plus en plus, les mugissements se propagent de côté et d’autre; et alors éclate une telle décharge d’applaudissements ironiques, et un tel concert de coups exécutés sur les bancs et sur les balustrades, qu’il semblait que toute la salle dût rouler à terre- On baissa la toile, on ouvrit les portes, et le torrent s’élança dehors, au milieu d’une grêle de jurons. A cette vue.

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