‹ Théâtre espagnolChapitre 173 sur 405 · A TANTE MONIQt'E · texte numérisé non relu

A TANTE MONIQt'E

Quel chagrin vous afflige donc en présence de tant de prospérités? ’•

LE BARON. .'•'

Le plus grand , le plus funeste pour moi. Prenez cette lettre, et lisez-y mon arrêt de mort. «■

( Il donne une autre lettre à la tante Monique. )

. LA TANTE MONIQUE, lisant.

« Il est certain, mon cher neveu, que tes affaires « se sont arrangées au gré de nos souhaite. Dans la « journée d’hier, on a publié la sentence du roi : elle « déclare injustes toutes les attaques dirigées contre « loi , et le comte de la Péninsule, ton accusateur, « est condamné à la prison perpétuelle dans le chà- « teau des Sept-Tours. Je m’occupe à disposer en « toute hâte les carrosses et les gens qui doivent « venir te chercher. Mais au milieu de tout cela, « c’est bien le moins de te rappeler ton mariage

A cric I, SCÈNE IX, ' 201

* projeté avec dona Violante de Quincozès, fille du « marquis d'.Utrique, capitaine général des tles Phi- « lippines et de la edte de Patagonie. Maintenant « que le grand obstacle est écarté, rien ne s’oppose « plus à cette union, le chevalier Wolfang de Re- « mestein , chef d’escadre de l’empereur, et qui se « trouve à Madrid, de retour des bains de Trilkt f, « servira de garçon d'honneur. Nous brillons tous « de voir se réaliser enfin cette alliance , à laquelle « les deux familles prennent un si grand intérêt. Re- « çois doublement mes félicitations, et compte ton- « jours sur ton oncle affectionné ,

« Le prince de Syracuse. « (Farté.) Mais... de sorte, monseigneur...

LE BARON

\ OIIS voyez (il reprend la lettre et la ntel avec celle* qu'il tient) comment se traitent et se règlent, entré grands seigneurs, des affaires de cette importance! (Car notez que dona Violante apporte en dot cinq bourgs et quatorze bourgades : elle est fille unique, et notre descendance aurait le droit de joindre, à mes châteaux d’argent et à mes bandes de sable, deux aigles, sept griffons verts, et neuf couleuvres. Et c’est à cela que je sacrifierais ma liberté ?i.. Si seulement je pouvais me décider... Ah! tant pis! le prince, mon oncle, en pensera ce qu’il voudra; le sénéchal grommellera jusqu’à demain : mon choix

' Trillo, ville située sur lu» Iwrd» du Tape, dan» h prminuu du (iuadalaiara. » <

LE BARON

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est libre. Mais confinent agir dans une situation aussi embarrassante, au fond d'un misérable village où le commerce est tout à fait nul , où il n’y a pas l’ombre d’un courtier, où l’on ue peut môme recourir aux lettres de change?... Allons, il n’y faut plus • songer! Encore si l’on connaissait ma signature, je tirerais sur Smyrne ou sur Philadelphie pour une somme de dix mille rixdalers, et alors...

/'LA TANTE MONIQUE . - '

Et alors ?

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