‹ Théâtre espagnolChapitre 19 sur 405 · ACTE l, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE l, SCÈNE VII

DON ROQl'K.

Je vois qui tu veux dire. Et e'est précisément aujourd’hui que ce monsieur choisit son temps pour me payer?

MtSoz.

Il parait qu’il va s’embarquer à la première brise.

DON ROQIE.

Alors il n’y a pas beaucoup d'instants à perdre. Ainsi, pour une misère, vous pourrez tourmenter un homme et le faire sortir de sa maison, selon votre bon plaisir! Toi aussi, Munoz, tu n’es qu’un propre-à-rien dans des circonstances pareilles. Quand il s’agit de jeter quatre lignes sur une. feuille de papier, tu restes coi; lorsque, je te fais chercher une lettre, tu ne parviens même pas à en déchiffrer l’adresse. Oh! oui, ton pauvre maître...

MlSOZ.

Mais je veux bien que la peste m’étouffe si vous ne savez pas tout cela depuis un siècle. On voit trop clairement, monsieur, que vous avez soif de disputes. Si je n’y connais rien, que faire à cela? La farce est bonne de venir maintenant, sans rime ni raison, comme un vieux coq , me lancer votre coup de patte !

DON ROQIE.

Hé quoi, Munoz, tu te fâches pour si peu? Je disais cela, parce que s’il y avait moyen que tu pusses m’aider dans certaines choses. .

MCNOZ.

Au diable la trouvaille! ce serait vraiment beau!

;tO LE VIEIL!, A Kl) ET LA JEUNE FILLE.

DON ROULE

Allons, Munoz, no t’irrite pas. Tiens, voici une prise.

MlAOZ.

Que la fièvre la hume votre pincée (le tabac! j’en ai sur moi.

don roque.

Mais jette donc cela ; c’est du vil rebut !

MUNOZ

Et si je l’aime, moi, le rebut!

DON ROQUE

En voici de ce fameux plant dont usait le père de la Merci 1 ... Tu te rappelles?

(Il passe la tabatière à Munoz, qui, la trouvant vide, la rend à don Roque. )

Ml'SOZ.

Il n’y a rien dans votre boite !

DON ROQUE

Ah! c'est juste. J’ai oublié démettre du tabac dans la tabatière. Mais sois tranquille, j’en mettrai plus tard.

MUS'OZ , à part, en s’en allant.

Que la foudre t’écrase, toi!

(Il sort.)

' Ordre de la Merci , institue pour la rédemption des captifs réduits en esclavage par les Algérien*.

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