‹ Théâtre espagnolChapitre 196 sur 405 · LE BARON, LA TANTE MONIALE, UON PEDRE · texte numérisé non relu

LE BARON, LA TANTE MONIALE, UON PEDRE

Permettez qu'un seul instant je vienne vous distraire de votre conversation.

LA TANTE NOMQIK,

Le sujet n'avait rien de fort curieux ; et quand même . . .

, LE BARON

Je suis charmé de vous trouver ensemble. J’ai pu balancer d’abord; mais il est essentiel de mettre un terme à tous ces tracas , et de m’expliquer clairement. Dieu me garde d'offenser qui que ce soit ! mais, en revanche, je ne souffrirai pas la plus légère atteinte à mon honneur. . . Seigneur don Pèdre, par suite d’une disgrâce que peut-être vous connaissez déjà, j’ai été réduit à la cruelle nécessité d'abandonner mes amis , une existence brillante , et jusqu’au sol natal. Forcé île fuir sous un déguisement, j’ai dû me résigner, eu plus d’un pays , à changer de nom et de qualité; et lorsqu'entin, après tant de vicissitudes , un rayon d’espérance vint luire à mes yeux , je me rendis dans ce village, , que la proximité de la cour m'indiquait comme un séjour favorable. Votre sœur m'aperçu!; je lui contai mon histoire , et des larmes furent sa réponse. Alors elle m’offrit l’ hospitalité dans cette demeure , et , grâce

LE BAHON.

à des attentions inespérées, peut-être même imméritées, mes chagrins trouvèrent une consolation. Isabelle... Mais, dites-moi, était-ce possible de la voir sans l’adorer à deux genoux?... Oh ! je vous en supplie, point de colère! Il me reste peu de chose à ajouter, et votre bienveillance vous commande de ne point interrompre eelui qui vous parle pour la dernière fois. Je vous le répète donc, je l'aimai du fond de Pâme; et quoique sa mère crût devoir vous le cacher, j’avais conçu le projet de faire d'Isabelle mon épouse, avec la ferme persuasion de l’obtenir; car je pensais, monsieur, que vous seriez loin de perdre à cette alliance. Mais j’ai su que dans le village on clabaudait, que l’on déversait sur moi mille calomnies. Nous avons une sentinelle à notre porte, un individu assez osé pour me prodiguer l'injure et la menace! Puis il est un autre homme qui méconnaît mon caractère, qui me traite de séducteur...

DON CÈDRE

A qui cela s’adresse-t-il?

‘ LE BARON

A personne. Seulement , c’est trop d’outrages pour une famille comme la mienne, pour les Bénavides de Vargas. Afin de confondre toits les calomniateurs, je n’aurais que deux moLs à dire... mais je ne les dirai pas. J’ai déjà reçu la nouvelle qu’on m’attendait à la cour : mon ennemi est en prison ; le roi me réclame, il brûle de me voir; je ne saurais donc, trop me hAter 'de partir. Du reste, tran-

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