LE BARON, LA TANTE MONIALE, UON PEDRE
Permettez qu'un seul instant je vienne vous distraire de votre conversation.
LA TANTE NOMQIK,
Le sujet n'avait rien de fort curieux ; et quand même . . .
, LE BARON
Je suis charmé de vous trouver ensemble. J’ai pu balancer d’abord; mais il est essentiel de mettre un terme à tous ces tracas , et de m’expliquer clairement. Dieu me garde d'offenser qui que ce soit ! mais, en revanche, je ne souffrirai pas la plus légère atteinte à mon honneur. . . Seigneur don Pèdre, par suite d’une disgrâce que peut-être vous connaissez déjà, j’ai été réduit à la cruelle nécessité d'abandonner mes amis , une existence brillante , et jusqu’au sol natal. Forcé île fuir sous un déguisement, j’ai dû me résigner, eu plus d’un pays , à changer de nom et de qualité; et lorsqu'entin, après tant de vicissitudes , un rayon d’espérance vint luire à mes yeux , je me rendis dans ce village, , que la proximité de la cour m'indiquait comme un séjour favorable. Votre sœur m'aperçu!; je lui contai mon histoire , et des larmes furent sa réponse. Alors elle m’offrit l’ hospitalité dans cette demeure , et , grâce
LE BAHON.
à des attentions inespérées, peut-être même imméritées, mes chagrins trouvèrent une consolation. Isabelle... Mais, dites-moi, était-ce possible de la voir sans l’adorer à deux genoux?... Oh ! je vous en supplie, point de colère! Il me reste peu de chose à ajouter, et votre bienveillance vous commande de ne point interrompre eelui qui vous parle pour la dernière fois. Je vous le répète donc, je l'aimai du fond de Pâme; et quoique sa mère crût devoir vous le cacher, j’avais conçu le projet de faire d'Isabelle mon épouse, avec la ferme persuasion de l’obtenir; car je pensais, monsieur, que vous seriez loin de perdre à cette alliance. Mais j’ai su que dans le village on clabaudait, que l’on déversait sur moi mille calomnies. Nous avons une sentinelle à notre porte, un individu assez osé pour me prodiguer l'injure et la menace! Puis il est un autre homme qui méconnaît mon caractère, qui me traite de séducteur...
DON CÈDRE
A qui cela s’adresse-t-il?
‘ LE BARON
A personne. Seulement , c’est trop d’outrages pour une famille comme la mienne, pour les Bénavides de Vargas. Afin de confondre toits les calomniateurs, je n’aurais que deux moLs à dire... mais je ne les dirai pas. J’ai déjà reçu la nouvelle qu’on m’attendait à la cour : mon ennemi est en prison ; le roi me réclame, il brûle de me voir; je ne saurais donc, trop me hAter 'de partir. Du reste, tran-