IM»' PÈDRE
Trêve de détours, ma sœur! Cette tendresse maternelle que vous faites si fort sonner à mes oreilles n’est pas le motif qui vous pousse; et si vous croyez pouvoir me donner le change , je, vous préviens que vous perdez votre temps. Laissez -moi donc vous le dire : vous brûlez d’envie de vous poser en grand personnage ; vos éternels défauts sout la roideur et la vanité. Vous avez la fureur de dominer, et vous avez déclaré la guerre à toute bourse
mieux garnie que la vôtre, à tout corsage plus riche, à toute robe plus éclatante. Vous vohs mordez les lèvres toutes les fois que vous entendez saluer du titre de dona les dames de la noblesse , et vous êtes dans un état des plus violents lorsqu’à l’église vous les voyez s’asseoir tout à côte du banc des magistrats. Pour vous procurer le plaisir de régler vos comptes avec elles, pour vous venger de toutes vos humiliations passées, vous êtes capable non-seulement de livrer votre fdle à un bandit , mais encore de vous mettre à vous-mêine la corde au cou !
LA TANTE MON 101 K
• Moi 2
IKJ.N CÈDRE.
Vous ! De quelles folles idées de grandeur vous êtes- vous entichée, Monique? Je vous vois d’ici, seule à seule, escompter déjà ce moment do gloire où chaque personne viendra vous appeler Votre Excellence; car Votre Seigneurie, fi donc! ce serait du dernier commun. N’est-ce pas que votre imagina-
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lion ne cesse de se représenter le train que vous devez mener dans le monde : les modes, les carrosses, les diamants, la soie, la toile de Hollande, et puis la table |>oür les affamés, pour ceux du moins qui rachètent leur appétit par des propos flatteurs; ensuite la danse, les académies, les théâtres , le lansquenet , ce vol de bon ton ; la prodigalité à côté de la misère, l’orgueil à côté de la bassesse et des intrigues? Décorer du nom de civilisation l’infâme dépravation des courtisans, traiter tout homme de bien d'animal sauvage, et tout créancier de canaille , n’est-ce pas là votre rêve? (se levant. > n’estrce pas là le sort pompeux que vous réservez ù ma pauvre nièce ? Et c’est cette ambition insensée , c’est ce sot amour-propre que vous osez couvrir de la sainte égide de l’amour maternel 1
LA TAXTE MONIOCE.
Ahçà! me laisserez-vous en repos à la tin ? Je vous tiens quitte de votre présence et de vos discours.