ACTE 11, SCÈNE IV
DONA INÈS
Ma foi , cela se pourrait.
(Quelle impudence! Écoutez, mademoiselle!...
(Il s'avance tout en colère vers doua Inès; mais dona Clara le retient. )
DONA CLARA
Laissez-la, mon père, je vous en supplie. (Se tournant vers sa cousine. ) Oh! lu fais bien , Inès, et je te dois de la reconnaissance; tu fais bien, car je suis un vase d’iniquité. Merci, ma cousine, car je suis une grande coupable ; il n’est point d’excuse à mes fautes. Va , redouble tes accusations, et charge-moi des couleurs les plus noires : j'ài mérite des supplices autrement cruels pour tous mes péchés ! - , •. ‘
DON MARTIN
Comment, ma nièce, vous avez le cœur d’assister à ce spectacle sublime, et vous ne tombez pas à ses genoux ?
DONA INÈS
Hé quoi? vous supposez... !
DONA CLARA
Non , point de colère profane , mon père ! Daignez plutôt sanctionner chacune des paroles échappées de ses lèvres. Oui , je le. déclare moi-même, je suis une misérable pécheresse ! Dieu a choisi ma cousine pour m'éprouver. Croyez tout ce qu’elle pourra vous dire; ou, sinon, pardonnez-lui du moins , cher père , pardonnez-lui !...
(Elle se jette a ses pieds en versant de* larmes. )
:ism LA FAU8SK DSÉVOTK. ;
Quelle effroyable perversité! Giel ! est-il possible, .Clara ?
DON MARTIN. . ’ '
Atlez-vous-en , mademoiselle! Je ne veux pas vous avoir sous les veux , monstre, que. vous Aies ! . . . Allez-vous-en ! .
DONA INÈS
Mais songez (lotie... ' ' .
DON MARTIN
Fuyez sur-le-champ, ôtez-vous de mes regards, vile menteuse, odieitse vipère! (A Clara. > Va, lèvetoi , ma fille adorée , et ne pleure point , car je ne saurais voir couler tes larmes. Ta vertu brille pure et éclatante... Oh! comme l’envie les acharne tous contre foi !
■ ' DONA INÈS
Maintenant mon courage est épuisé.
DON MARTIN
Allez , allez , je conterai au long cette belle aventure à monsieur mon frère. Il saura le fait , il le saura sans pitié ni merci. 11 le saura !
DONA CLARA
Non, mon père, grâce pour elle, au nom du ciel !
(Lucie, qui a observé toute cette scène, se met à ouvrir les volets de l'autre fenêtre.) . . ’ • •* .
DON MARTIN
Rentrons là-dedans , ma fille, rentrons. Oh! croismoi , ton oncle saura le fait . Je cours le hti dire, j’y cours !
ACTH 11,-sr.ÊNfc: V. ;w.i
I)0> A CLARA
DON MARTIN
( Il entraîne sa U U»*. )