‹ Théâtre espagnolChapitre 267 sur 405 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

r ' - DON LUIS, LUCIE.

DON LUIS, s'asseyant près d’uuti table.

Décidément je suis loin d’avoir l'esprit tran; quille. Le récit que m’a fait son oncle est si positif!... Oui, le mieux est d’éclaircir les choses. I.a camériste peut porter la lumière dans ces ténèbres : je saurai la prendre au dépourvu. Surtout ne nous exaltons |>as avant de nous être heurté contre des preuves. Mais enfin... si c’était vrai! si tant d'années consacrées à prodiguer à ma fdle les soins les plus tendres étaient perdues sans retour! (Appelant.) Lucie!... Dieu! quel serait mon désespoir. 0 jeunesse, ô terrible jeunesse!... Lucie!... Entrons dans notre rôle.

LUCIE

Qu’y a l-il pour votre service, monsieur? don luis. '

Je t’ai appelée, parce que je médite un grand projet, et je désire que tu -l’écoules. Je sais d’ailleurs combien tu es honnête, et je pense que je puis en toute sécurité me confier à ta discrétion.

m LA F aussi: DÉVOTE.

Oh! monsieur, vous le pouvez sans aucun risque.

DON LUIS

Je n’attendais pas moins de toi. Or donc , Lucie , tu as vu don Claude venir d’Ogafia à Tolède, et promptement tu as deviné, comme tout le momie, le véritable objet de cette visite. Cependant je m’étais bien gardé d’en ouvrir la bouche, car je pressentais ce qui nous arrive aujourd'hui; Dona Inès n'aime pas don Claude : oui, je suis forcé de le reconnaître , ces deux natures diffèrent à un tel point que ce serait folie de chercher à poursuivre leur union. .Mais l’issue de cette affaire me cause une peine profonde. Si notre hôte doit s’en retourner ainsi à Ooana , le père ne manquera pas d’interpréter le compliment- fort mal . Don Pèdre est mon ami ; je me rappelle ses côtés faibles, et il sera capable de croire que de mariage s’est rompu par ma faute, sans mettre dans la balance aucune des nécessités qui ont dicté ma conduite. Enfin, que veux-tu que je te dise? De toutes parts je ne rencontre qUe des obstacles. Mon frère d’abord avec sou entêtement, avec son peu de bon sens!... Sacrifier sa fille, comme il le fait!... D’ailleurs, je te l’avoue, si je n’avais la parfaite certitude dé la tendresse lie dona Clara pour ce jeune homme, si je n’étais assuré que don Claude la paye de retour, jamais une telle pensée ft’eùt pénétré dans mon esprit. Mais puisque nous pouvons niarh’i ma nièce , puisque l’occasion a surgi d’elle-mème sous notre main... . <-

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