ACTE II, SCÈNE VIII
MO
LUCIE
C’est tout simple, monsieur : le parti se présentant comme très-convenable...
, • DOM LIIS. v.
Oh! nous voilà d’accord. Oii trouver en effet mi meillenr parti?
LUCIE
Il faudrait <Hre bien malin.
DON LUIS
I)ona Clara connaît son père. Pour détourner son humeur brutale, elle dissimule... Et qui ne le ferait à sa place? - .
LUCIE. " . <
Imaginez donc aussi pareille obstination chez un vieillard! Vouloir à toute force ensevelir sa fdle dans un vrai cachot! Mais, comme elle le dit très-bien : « 11 s’en faut d’une bonne année avant que je puisse prononcer mes vœux, et l’espaco d’une annéa; suffit pour bâtir vingt plans de campagne !»
DOM LUIS
A propos du petit incident de cette après-midi , mon frère ne s’ est-il pas mis dans une rage de tigre , n’a-t-il pas crié meurtre et vengeance ! .Moi , je m’étais levé le premier; j’ai tout écouté do la pièce voisine; et, au bout du compte, ce formidable mystère était moins qu’une bagatelle. Si nos deux jeunes gens s’aiment, ne doivent-ils pas se procurer les moyens de se voir ? M’est-il pas naturel qu’ils choisissent’à. cette lin l’ heure la plus opportune?
41» ' LA FAUSSÉ IIÉYOÏ'tL
LUCIE
Bien sùr, monsieur.
DON Ll'lS.
Pour m'a |K»rt , je donne à cette chère Clara un<absolution pleine et entière. Mais elle n’eu comhiet- ' tait pas moins une témérité, en bravant des risques pareils. Supposons l’arrivée de mon frère plus silencieuse et plus rapide ; supposons qu’il eàt découvert que c’était sa fille : d’un seul coup, il l’aurait étendue morte à ses pieds. • < • v
LUCIE
Hélas! monsieur, rien que d’y penser, j’en frissonne encore.
DON luis. •'
Après cela , que veux-tu ? Ces enfants sont réduits à de semblables imprudences. Lorsque la passiou nous pousse une. fois, on fait bon marché des périls! Les folles équipées de la jeunesse ne m 'entonnent point; et quoique la mienne soit loin derrière nous, je me souviens à merveille que, dans mon printemps, j’étais tout autre chose qu'un saint PàcArae . <
LUCIE
Votre nièce, monsieur, perd le boire et le manger pour ce garçon !
DON LUIS
Je no désapprouve nullement leur amour; mais l’entreprise en eUc-mème est pleine de gravité,, et. demanderait à être conduite avec une graude expérience. Or, je crains qu'ils u aillent tout gâter par