DON LUIS, DON CLAUDE
DON CLAUDE, à part.
Comment! il n’a pas encore décampé, ce vieux? Quel trainard!
DON LUIS
Ah çà, mon garçon, que t’écrit ton père?
DON CLAUDE
Qu’il est décidé à venir à Tolède , et qu’il sera ici demain vers l’heure du souper, ou après-demain à l’heure du dîner.
DON LUIS
Il me procure par là un grand plaisir.
DON CLAUDE
Et à moi donc !
DON LUIS
Nous sommes de vieilles connaissances; mais il
LA FAUSSE DÉVOTE
y a bien dix années que nous ne nous sommes serré la main... Oui, dix bonnes années!
DON CLAUDE, à part.
Est-ce que le cher homme ne pourrait pas rester tranquille dans son trou?
DON LUIS
Tu dis?
DON CLAUDE
Rien... Que je suis agréablement surpris.
DON LUIS
Maintenant, cher Claudè, il est de toute nécessité que demain , à la pointe du jour, tu montes à cheval pour aller à la rencontre de ton père. Cette marque de déférence, venant ainsi de ta propre inspiration, le charmera , j’en suis bien sûr.
Moi aussi; mais vous comprenez... D’ailleurs il se peut faire qu’il s’arrête à Ciruélos.
DON LUIS
Eh bien ! tu le trouveras à Ciruélos.
DON CLAUDE
C’est que le curé est un peu de nos parents , cousin de ma mère, ou quelque chose d’analogue. Attendez donc... Est-il bien son cousin? Tout ce qu’il y a de plus cousin, ma foi !
DON LUIS
Et qu’a de commun cette parenté avec ton départ de demain?