‹ Théâtre espagnolChapitre 28 sur 405 · ACTE If, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE If, SCÈNE I

Ml'NOZ.

Je m’en souviens maintenant. Oh ! je n'ai pas vu ia moindre chose.

DON ROQl’E.

Bien sôr ? Alors don Juan est sorti tout de suite ?

Ml'SOZ.

Il a tardé un bon petit moment.

DON ROQUE

Ali!... Mais, dans cet intervalle, ils ne se sont pas parlé?

1IUNOZ.

Est-ce que je sais?

DON ROQl'E.

Ne t’avais-je pas recommandé, aussitôt mon départ, de dresser tes oreilles pour découvrir si nos deux...?

nuKoz.

Je suis resté près de la porte d’entrée, à moitié endormi.

DON ROQUE

Ainsi donc tu n’as rien observé?

Absolument rien.

DON ROQl'E.

Drôle, tu n’as rien écouté! Allons, on peut se reposer sur toi. Bonté divine!

MUSOZ.

Je connais ruon métier.

LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE

DON ROUIE

Mufioz , à quoi bon ces demi-mots? et que signifie ce mystère?

Ml'SOZ.

Je vais vous le dire, uionsieur, et je vous le dirai clairement et vivement. C’est que je n’ai pas envie, moi, de faire le furet, et d’aller semer des histoires entre mari et femme, sachant sur le bout du doigt ce que l’on gagne à ce mic-mac... Voici d’abord le mari pourpre de fureur; il fait un vacarme d’enfer contre son épouse ; puis, voulant tirer au net ses soupçons, il charge son valet d’épier les paroles et les pensées delà dame. Fort bien! L'autre observe, écoute, rapporte ce qu’il voit, et monte une brouille de tous les diables. Arrivent les disputes , les pleurs, les emportements, les cris et les jurons. La femme reconnaît alors ( il n’est pas nécessaire pour cela d’être un aigle) que toute cette tempête a été soufflée par ce cafard de domestique. Elle vous glisse son petit mensonge; et le mari, écumant de rage, se retourne contre l'espion, l’accable d’injures, et le jette à la porte. Bonsoir! D’un seul coup, mon gaillard perd sa place. Et avec cela que les femmes ont besoin de leçons pour exécuter le tour do main de maître! Entendez-vous le mari? Il grince des dents. Et qu’en sortira-t-il? Rien du tout. Ah! voici madame. Il se démène comme un possédé; bon! Aussitôt en avant les cajoleries, la pâmoison, les petites larmes, les petits m amours, et... que sais-je encore? Bref, en une seconde elle renverse tout l’éehafau-

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