ACTE III , SCÈNE II. 4:it
supérieures, témoigne zélé et obéissance, et Iraile letf autres religieuses comme si elles étaient les soeurs.
DON A CLARA
Mais mon père, elles le sont en Jésus-Chrisl.
DON MARTIN
("est ce que je veux dire. Aime-les bien , et, de plus, je te recommande de ne jamais entrer dans les caquetages, dans les disputes: oh! rien de pareil, ma fille , de ta part ! Enfin , ne cesse cl’obser\ er tout ce que prescrit 1a règle; car c'est en cela que consiste une conduite sainte et honnête. Autrement, vois-tu, le tentateur...
DON A CLARA, avec une terreur feinte.
Hé. quoi, mon père, le tentateur... !
DON MARTIN
Il guette l’occasion; il couve sa victime...
DOSA CLARA
Que Dieu nous soit en aide !
DON MARTIN
Il nous tend mille pièges, mille embûches.
DON A CLARA
Oh! oui, le traître s’acharne uniquement à la' perdition des âmes; et notre chair est faible, et le monde un amas de tromperies et d’artifices. . . Hélas ! mon père ! •
(Elle saisit toute tremblante les mains de don Martin.)
DON MARTIN
Du calme, cher trésor! Ne t'alarme point ainsi. Du calme! Va : chez toi , si tu sais garder tou cou-
UO , LA FAUSSE DÉVOTE
rage, Satan se cassera le nez à la porte, comme .disait cet autre.
DON À CLARA. N
Nos tueurs 6ont si fragiles!
DON MARTIN
Allons, allons, c’est par trop, ma tille. Que diable ! on ne peut plus dire un seul mot sans que tu. . . (il l'embrasse.) Pauvre ange !... <)r çà , maintenant je veux voir si nous n’avons pas quelques lettres de Séville. J’avais prié ton oncle de se charger de cesoin; mais, avec la lenteur qui le caractérise, j’aurai le temps, pour sûr, d’enrager avant qu’il les apporte.
Votre main, mon père.
( Elle s'agenouille, et lui baise la main. )
DO» MARTIN
Adieu, mon enfant!
IIONA CLARA.
Que le Seigneur nous conserve en sa sainte grâce ! Moi , je me rends à l’oraison mentale , qui aujourd’hui, un vendredi , sera heureusement fort longue.
(Elle sort.)