ACTE 111, SCÈNE Xfl. ' V
X’ ONCLE JC AN .
Messieurs, je. veux être roué vif si je compromis un seul mot à ce langage. Je vous promets que le susdit frère n’existe pas.r
DON MARTIN
Et je vous jure, moi , que vous êtes venu ici pour
m’échauffer la bile. Voyons \ Quand je vous aurai affirmé qu’il était là , à côté de moi * que répliquerez-vous? Quand je vous aurai corné aux oreilles que c’est un boiteux qui est borgne, qui a les épaules hautes , qui est très-bavard , et qui a le tou nasillard ?
l'oncle jlaN.
Le ton nasillard ! Mais dans cette pièce môme , messieurs, j’ai confié le billet à un jeune drôle... Grand Dieu ! je suis sur des charbons ardents. Et imaginez-vous que je voulais déjà revenir plus tôt, quand j’ai rencontré mon individu aux abords de votre maison. — « Don Martin? me dit-il ; mais, mon cher, il est absent. — Alors, lui répondis-je, il faudra repasser? — Oh! peine superflue,' repritil, car ce soir don Martin né soupera pas chez lui ; il ne rentrera pour sc coucher qu’à minuit bien soûné!... » Là-dessus je fis demi-tour...
DON MARtlN , .i don Lui*.
Mais ne vous apercevez-vous point , mon frère , qu’il nous conte sornettes sur sornettes, ce radoteur !
' , l’oncle jcan.
Si je vous proteste que le drôle m’a tenu ce dis-
LA FAUSSE DÉVOTE
DON LUIS
Je soupçonnerais volontiers qii’on vous a fait quelque mystification.
DON MARTIN
Que parlez- vous de mystification ? Vous voyez bien qu’il divague, le malfieureuxP.il ne sait pas luimême ce qu’il dit. ' " ♦ don Luis.
Silence, mou frère!' laissez-moi, avant tout, éclaircir un point. (Appelant.) Périco!
PKI! ICO, (lu dedans.
-, Monsieur !...
DON LUIS
Périco !