ACTE H, SCÈNE IV. , 5 A
j'ai trop vécu , j’ai acquis trop d’expérience et trop de pénétration pour que tu parviennes à m’en foire accroire. •
DOUA FRANC1SCA, il part.
Ciel ! je suis perdue !
IMtXA IRÈNE.
Voyez donc! Sans plus s’inquiéter de sa mère que si la panvre mère n’exislait pas... Ah! je te l’assure bien , quand même cette dernière occasion ne se serait pas présentée , de toutes les façons il eût été indispensable de te foire sortir du couvent. Oui, eussé-je dû partir seule et à pied , je l’aurais tirée de là ! Mais admirez le beau raisonnemènt de mademoiselle ! Parce qu’elle a vécu un peu de temps dans la société des religieuses, ne s’est-elle pas mis en tète qu'il fallait s'enterrer dans un cloître! Or peut-elle comprendre...? peut-elle juger si...? Apprenez, Paquita, que dans n’importe quelle condition on est à même de servir Dieu ; mais complaire eré tout à sa mère» être à la fois son soutien, son appui et la consolation de ses peines, voifo le premier devoir d’une fdle obéissante ! Et si vous l'ignoriez, vous le saurez à présent !
I)ONA FRANC18CA
Oh! ma mère, ce que vous dites n’est que trop vrai; et jamais il ne m’est entré dans l’esprit de vous abandonner.
DON A IRÈNE. , ..'
Oui , avec cela que je n’ai pas d’yeux ... .
LK Ülîl DES JEUNE8 FILLES.
DONA FRANCISOA.
Je vous le jure, croyez-moi: Paquila ne voudra jamais se séparer de sa mère , ni lui donner le moindre chagrin.
DONA IRÈNE
Réfléchis un peu : es-tu franche dans tes paroles ?
DONA FRANC1SCA.
Très - franche , ma mère; car je ne sais point mentir.
DONA IRÈNE
Eh bien alors, ma fille, tu as entendu mes observations; tu as vu quel dommage ce serait pour toi-mème et quel désespoir pour ta mère, si tu n’observais pas en tout point la conduite qu’il te sied de tenir... Maintenant, ne l'oublie plus!
DONA FRANCISCa , à pari.
Suis-je malheureuse !