DON IM KG CH
Voilà donc les fruits de l’éducation ! voilà ce qu’on appelle élever bien une jeune fille ! Lui enseigner à masquer, à voiler ses penchants les plus innocents sous nne perfide dissimulation !... On leur décerne un brevet d’honnêteté le jour ou elles sont passées maîtresses dans l’art du silence et du mensonge. On s'entête à vouloir que leur complexion, leur âge et leur caractère n’aient aucune part dans leurs inclinations; et leur propre volonté doit se plier an caprice de qui les gouverne. On leur permet tout, excepté de se montrer sincères. Pourvu qu’elles ne disent jamais ce qu’elles pensent , pourvu qu’elles
WW LE (H I l>E8, JEUNES FILLES.
rejettent avec horreur cé qu’au fond eHes biglent de posséder, pourvu surtout tpi’elles se. ^.résignent à prononcer, au premier commandement on oui parjure et sacrilège, source éternelle de tan udo scandales, les voilà parfaitement élevées 1 Car on décore du nom d’éduoation-modèle celle qui sait le mieux leur inspirée la terreur, l’astuce, ét Je mutisme de l'esclave. , •
. DOSA FlUNCISCA. •
Vous avez trop raison, monsieur; fout cela est la vérité. Voilà ce qu'on exige de nôus , voilà ce quo nous apprenons , grâce, aux leçons que Ton nous donné... Mais la cause de mes chagrins est autrement cruelle ! > • • .
don Dînera. : • -
Quelle qu’elle soit , mon enfant , il est nécessaire de prendre courage. Si votre mère vous voyait ave»* ces larmes, que dirait-elle? Écoutez!... Sans doute elle est déjà levée. '. ’■
DON A FRANCISCO. ’ '
0 mon -Dieu ! . . - - . • .. ,;•*
. ‘ don oiècmc. -
. Oui , Paquita , h* mieux sera rie recouvrer un |H‘U d’empire.sur vous-inéme. . . Ne vous laissez point tant aHer au désespoir... Comptez sur la Providence... Allez ! presque jamais nos disgrâces ne sont aussi irrémédiables que l’imagination nous les peint. Regardez dans quel trouble vous êtes ! Quelle agitation et quels pleurs!... Voyons, me donnezvous \ otre jiarole «le. vous présenter avec un
ACTH 1H. SGÉNK VI». •
air... enfin avec une sérénité convenable ? Est-<i‘
dit? . -' / • * • ••• •■•
A. * J./ ,C. DONA FRANCISCA
- Mais vous , monsieur , vons connaissez trop bien
le caractère de mu mèrè pour ignorer que, sans • • 1 • , votre protection , mes yeiix ne rencontreront Huile
part de défenseur. Hélas ! qui donc aura pitié de mon infortuile? . •• 1
• ' ' don wèCte.'
Votre vieil ami... moi, Pacjuita! Comment me serait-il possible de vous abandonner," chère petite , lorsque je vous vois dans une situation aussi déchirante ?
* ' ' ’ (Il lui presse U main.)
DONA FRANCISCA
Quoi! vous daigneriez?...
, DON III KG ta.. -i •
Ah ! vous jugez mal mon cœur.
DONA FRANCISCA
' Non , je lui rends toute justice.
( Elle veut se jeter à ses genoux , don THègue la retient. )
. nON DIÈGUE.
Que faites-vous, ma fille?
- DONA FRANCISCA. •%.'
Je ne le sais moi-mème. . . Mais combien peu est digne d'une telle générosité une femme qui se montre aussi ingrate envere vous ! Ai-je dit ingrate ? Oh ! non. Je ne suis que malheureuse, bien malheureuse, don Hiègue ! > '■ , - ■ ■ .
LE OUI DES JEUNES FILLES
BON DtÈCUE. - •
Oui , je vois que vous reconnaissez , autant qu'il est en vous, l’amour que je vous porte. Et maintenant tout le reste a été... que sais-je? une erreur de ma part , pas autre chose. Mais vous, pauvre innocente, vous n’avez rien à vous reprocher. - , \ •
DON A FRANCISCO
Yçnez-vous, monsieur ? . ' ' •
DON DlfeGCE.
Pas encore, ma fille. Mais j’irai vous rejoindre dans quelques instants.
DONA FRARC1SCA.
Oh ! ne tardez point !
(Elle »e dirige vers U chambre de doua tréoc, revient, et haine la main à don Diégiie. )
DON DIÈGtIE.
Soyez tranquille.
(Dona F rancit ca sort,)