‹ Théâtre espagnolChapitre 400 sur 405 · SITA · texte numérisé non relu

SITA

Madame!

DONA PRANCISCA.

Vous m'appelez?...

DONA IRÈNE

Oui, ma fille, je t’appelle; car le seigneur don Diègue nous traite , ta mère et toi , avec un mépris qu’il est impossible d’endurer plus longtemps. Quelles amourettes as-tu, petite? A quel homme astu fait promesse de mariage ? Que signifie tout ce micmac? (A Rît».) Et toi, friponne?... Mais tu dois bien savoir ce qui se passe. . . Tu es payée pour le savoir ! (A donaFrancisca.) Qui est-ce qui a écrit ce billet-là? Voyons ! que dit-il ?

( Elle présente la lettre ouverte à doua Francisca. ) RITA, bas à dona Fraucisca.

C’est l’écriture de don Félix !

DONA FRANC1SCA.

Quelle indignité ! Est-ce ainsi , seigneur don Diègue , que vous faites honneur à votre parole ?

DON DIÈGUE

Le ciel m’est témoin, chère enfant, qu'il n'y a point de ma faute. Mais approchez-vous, et chassez tout effroi. ( Il prend dona Fraucisca par la main, et la place auprit de lui.) Quanta vous, madame, écoutez, enchal-

ACTH III. SCÈNE XU.

«ex votre langue, el ne me poussez pas à l'oubli de moi-même. Rendez-moi ce papier!... Maintenant, Paquita, vous souvient-fl des trois coups frappés cette nuit sous la fenêtre ?

DONA FRASC1SCA.

Je m’en souviendrai ma vie entière.

DON DIÈGljF..

Eh bien! ce papier est précisément celui qui a été lancé de la rue. Mais ne vous effrayez pas ; je vous l’ai dit par avance. (Usant.) « Cher trésor, si « je dois perdre l’espoir de vous parler, je ferai « tout mon possible pour que ce billet arrive entre « vos mains. Je ne m’étais pas plutôt séparé de « vous hier au soir, que soudain je rencontrai, « dans la salle même de l’hôtel , celui que je nom- « mais mon rival ; et , à sa vue , j’ai failli expirer « de douleur. Il m'ordonna de sortir sur-le-champ « de cette ville, et il fallut obéir! En effet, don « Félix n’est pas mon nom ; je m’appelle don « Carlos, et don Diègue est mon oncle! Adieu, « Paquita ! Vivez contente, el oubliez pour toujours « votre malheureux ami

« C.ari.os de Urbina. »

DONA IRÈNE

Quoi ! c’est là ce qu’on écrit à ma fille ?

DONA PRANCISCA.

O désespoir!

DONA IRÈNE

Ainsi donc, c’était vrai tout ce que disait mon-

m LK OUI UES JEUNES FILLES.

sieur, coquine des coquine?! Tu te souviendras aussi de moi!...' . . -,

(Elle s'avance furieuse sur dona Francises. Hita et doo Diegue s’efforcent de la retenir. )

DONA FRANCISCA

Ma mère!... Pardon !

DONC IRÈNE

Non , juste cief! il faut que je la tue...

DON DIÈGUE

Est-ce que sa tête s’égare?

DONA IRÈNE

Il faut que je l'étouffe!

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