‹ Théâtre espagnolChapitre 82 sur 405 · KH · texte numérisé non relu

KH

Tii feras bien mieux de le demander à elle-même, car j'ai d'autres occupations que de me lancer dans des récits de comédie !

( Il sort. Isabelle entre par la porte opposée I

DON A ISABELLE

Béatrice K . . Dieu ! que je suis à plaindre '

DONA BÉATRICE

Mais qu’as-tn donc, Isabelle? Cette incertitude ne jieut vraiment se supporter.

DONA ISABELLE

Ma sœur, si tu avais une idée «le mes souffrances ! Ce fut une heure fatale, celle qui me vit naître !... Mais que faire? Appelle ! Non, laisse... Mieux vaut... que sais-je? Ah! ma tète s’t^gare.

( Elle sc lève.)

IIOSA BÉATRICE.

Isabelle, écoute-moi ! Attends!?.. Où vas-tu ?

DONA ISABELLE

Oh ! on ne me le tuera pas !

DONA BÉATRICE

Mais qui donc? Chasse cette folle terreur.

DONA ISABELLE

Il l’a suivi... Oui! Ne me retiens pas! laisse-moi courir... '

Où ?

• DONA ISABELLE

A la mort; car il ne me reste pas d’autre salut ,

HO LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE

Béatrice! Jamais femme ne fut ainsi frappée par l’adversité. Don Juan est venu...

DONA BÉATRICE

Grand Dieu !

DONA ISABELLE

Puis. . . dans cette pièce ;ette montre le bureau), ion frère s’était caché. U a tout vu, et don Juan s’est éloigné en prenant le ciel à témoin de mon ingratitude. Ilélas! Béatrice, je ne me rappelle rien de ce que j’ai dit à cet infortuné; j’étais coinnje saisie d’un vertige : et pour lui, impossible de se douter... Tu sens mon désespoir. Que pouvais-je ?

DONA BÉATRICE

Enfin, Isabelle, il est parti ! Et puisque le danger a disparu avec don Juan, pourquoi toute cette tristesse ? pourquoi te laisser abattre si vite par les rigueurs du sort? pourquoi les augmenter encore par tes frayeurs?

DONA ISABELLE

C’est vrai , Béatrice. Mais, hélas ! lorsqu’il reviendra, comment lui faire entendre...? comment le convaincre de ma sincérité, s’il est irrité contre moi ? Ce qui s’est passé aujourd’hui a dû fortifier tous scs soupçons. Jamais il ne v oudra prêter l’oreille à ma défense... Malheureuse ! et je vis, et je respire encore ! Mais il faut donc que je résiste à tout ?

Isabelle, cesse d’ouvrir ainsi ton âme à la désolation. On peut se résigner aux pertes les plus cruelles, pourvu que l’espérance survive. Mais viens avec

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