‹ Théâtre espagnolChapitre 83 sur 405 · ACTE III, SCÈNE XII. III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII. III

moi ; il ne serait [Mis convenable que mon frère le trouvât ici à son retour.

DONA ISABELLE

Oui, sans doute. Retirons-nous. (<>n entend un coup de canon au loin.] O ciel ! le signal du départ ! (Elle tombe anéantie sur une chaise.) Il ma fui , Béatrice! O mon Dieu ! mon Dieu !

DONA BÉATRICE

Isabelle, ce trouble fatal?... Hé quoi! elle ne respire plus. Ma sœur!... Miséricorde! Pas un signe de vie... Si j’appelle, tout va se découvrir. Blasa!... Voilà pourtant où aboutissent de tels mariages! Blasa! Cette fille, il faut qu’elle vienne!... Mais, patbonheur, ma sœur reprend connaissance... Isabelle^

DONA ISABELLE

Hélas!

DONA BÉATRICE

Qu’éprouves-tu? Essaye si tu peux te soutenir. Je vais chercher un peu d’eau.

DONA ISABELLE

Non, attends! Ne me quitte pas, Béatrice.

Oui, j’obéis, ma sœur. Viens t’appuyer sur mon bras.

DONA ISABELLE

0 chagrin mortel !

DONA BÉATRICE

Pleure, Isabelle; pleure et soupire : personne ne nous voit.

US LE VIEILLARD ET LA JEUNE FlLLE.

DON A ISABELLE

Quelle funeste inspiration l’avait donc amené à Cadix !

DO N A BÉATRICE. ' ^

Ma sœur, au nom du ciel 1 . . . Tu y penses encore?

DOSA ISABELLE

Il est parti! Pour vous autres, toute alarme a disparu.

DON A BÉATRICE

C’est donc ainsi que tu t’épuises à te tourmenter?

DON A ISABELLE

Il est parti ! Malheur sur celle qui reste! Nous ue nous reverrons jamais! Qui me l’eût dit, Béatrice? C’est que je l’aimais, vois-tu? je l’aimais!

DONA BÉATRICE

Si lu recommences encore, je t’abandonne.

Hélas! toi aussi tu veux me fuir?

DONA BÉATRICE

Non, ma sœur! mais, de grâce, calme-toi.

DONA ISABELLE

Dieu ! s’éloigner ainsi , avec l’idée que son Isabelle le méprise et l’abhorre! Oh! cela n’est pas, don Juan; ne le crois pas! Je t’aime, mon bien-aimé, je t’adore! Ne doute plus de ma constance. Mon premier et mon suprême amour, c’est celui que tü as su graver dans mon cœur. Je suis malheureuse, don Juan; mais ce cœur n’a pas changé. Isabelle a toujours été digne de ta tendresse, et elle va sacrifier sa vie à la douleur d’être séparée de toi.

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