‹ Théâtre espagnolChapitre 90 sur 405 · COMÉDIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

COMÉDIE NOUVELLE

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LE CAFÉ

NOTICE

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LE CAFÉ

Peu d auteurs ont rencontré, à leur début, autant de difficultés que Moratin pour faire représenter leurs pièces. Nous avons assisté à l’étrange fortune de la première, nous allons voir maintenant les péripéties de la seconde.

La Comédie Nouvelle offre un tableau véridique de la situation du théâtre espagnol pendant les vingt dernières années du dix-huitième siècle, époque de décadence pour sa littérature, et de démence chez ses écrivains. Mais le poète s'est bien gardé de faire agir des personnages connus devant le public. Ni dans les caractères, ni dans les allusions, Moratin n’a prodigué cette exactitude qui trahit les fautes et les erreurs individuelles. Il généralise au contraire son sujet le plus possible, sachant bien que, (iour que la leçon profite à tout le inonde, Il faut que chacun puisse se reconnaître hux couleurs du portrait, tout en conservant la liberté de renier à très-haute voix sa ressemblance avec l’original.

Afin de résumer dans un seul personnage ces innombrables écrivailleurs qui abrutissaient les esprits avec leurs comédies barbares , leurs saynètes sans grâce et sans goût , et leurs tonadilles révoltantes d'obscénité, il composa le rôle de don Éleutério. Puis, désireux de renvoyer à la marmite ou à la quenouille "ces bas-bleus insipides qui prétendaient gouverner le théâtre et la littérature dramatique, il les produisit sous les traits de dona Agusiina. La phalange des pédants jaloux , intéressés . d’une moralité suspecte, et

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