‹ Théâtre espagnolChapitre 96 sur 405 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

DON ANTONIO

Ah! bien; j’y suis. C’est cette espece d’hurluberlu qui fait des signes aux comédiennes, qui leur jetle des bonbons dans leur chaise, lorsqu’elles passent; qui tous les jours est à l’affût pour savoir quel est le théâtre dont la recette l’a emporté; qui, depuis l’instant où il se lève jusqu'au moment où il se couche, ne cesse de parler des incidents de la saison d’été, de l’accoutrement de la Doublure, et de la valeur des Utilités *.

PÉPÉ

Voilà le gaillard! Oh! oui, c’est un des amateurs les plus frénétiques, monsieur. JI arrive tous les ma-

' Le texte espagnol est ainsi conçu : * Ese es aquel bullebutle que hace gestas à las comicas, y las tira datées a la silla cdahdo pasa>, y va todos los dias à saber quien dià cuchiUada ; y desde que. se levanta hasta que se aewsla no cesa de hablar de la temporada de rerono, la chupa del sobrtsalienle, y las partes de par utedio.

Et voici maintenant de quelle manière il a été rendu dans la collection Ladvocat des Chefs-d’œuvre des Théâtres étrangers (10" livraison, page 270) :

« C’est cet hurluberlu qui fait des signes aux actrices, leur jetle > des bonbons sur leur chaise *; court tous les jours pour savoir qii x A doxxé or Reçu en cote mt couteac ; qui , depuis l’instant de « son lever jusqu’à celui où il se couche , ne cesse de parler de ta x chaleur de l’été , du costume du principal piqueur de taureaux , et x des anecdotes scandaleuses. >

Voilà donc, selon nous, cinq contre-sens dans cinq lignes; et quatre de ces erreurs sont patentes. Nous pourrions citer une foule de passages du même genre, et continuer des rapprochements exactement pareils à celui-ci; mais tout ce que nous voulons prouver par cette longue note, c’est que notre traduction , en ce qui concerne les pièces déjà traduites avaut nous, ne fait pas absolument double emploi.

* Depuis l'administration du comte d’Aranda ((767), il était défendu d'interpeller ies actrice* lnr*i|u'elles étaient en seène, ei de leur Jeter des dragées tqrayea) sur le Ihéâlre.

tins pour déjeuner dans cette salle , et alors ii vous soulève une telle discussion avec les perruquiers, que c’est plaisir de les entendre ! Le déjeuner pris, il s’en va là-bas, là-bas, dans le quartier de Jésus. Aussitôt ils se réunissent quatre bons enfants; ils parlent spectacle, ils se chamaillent, ils rient et fument sous les arcades. Puis , don Sérapio introduit ses fidèles un peu par ici , un peu par là, jusqu’à ce qu’il sonne une heure. A ce moment on prend congé, et notre héros part pour aller dîner en compagnie du souffleur du théâtre.

nos ANTONIO.

Et ce grand original est lié avec l'auteur de la comédie ?

l’KPÉ.

Parbleu ! ils sont comme deux doigts de la main L Don Sérapio a préparé le mariage de dona Mariquita, la sœur du poète, avec don Hermogène.

nos ANTONIO.

Que me dis-tu là? don Hermogène se marie?

PÉPÉ

Peste! s’il se marie! Il parait même que le seul motif qui ait retardé la noce jusqu’à présent, c’est que le futur n’a pas le sou, et que le poète est logé à la même enseigne. Mais le poète a donné l'assurance qu’avec l’argent que doit lui rapporter sa comédie, et avec celui qu’il doit en retirer par l’impression, il se chargeait de monter le ménage et de payer

■ Son una y carne. Mol h mol : lit tonl angle et chair.

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