‹ Théâtre espagnolChapitre 98 sur 405 · ACTE 1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I

Complètement. A quoi bon d’ailleurs? Il sérail par trop curieux d’être oldigé, lorsqu’on bâtit une comédie, de se mettrp en frais de règles. Quelle erreur, grand Dieu !

PÉPÉ

Très-bien! mon àme est ravie. Que le ciel veuille seulement favoriser le succès de la pièce de ce soir, et monsieur verra quelle quantité d’autres pièces contient la plume de cet excellent don Éleutério. Car, comme il vous le dit : « Si j'avais le bonheur de passer avec les comédiens un contrat à tant par jour, oh! alors... » Et monsieur comprend tout de suite qu’une fois les finances de notre poète assurées, il aurait de la marge. . .

DOS ANTONIO

C'est certain. (A part.) Quelle naïveté!

PÉPÉ

Oui , alors il écrirait. Que dis-je? tous les mois il tirerait de son sac deux ou trois comédies. . . Dame ! c’est un homme tellement capable...

DON ANTONIO

C’est donc un bien grand génie, eh?

PÉPÉ

Belle demande ! Pensez que le second père noble l’aime comme son fils; et s’il n’avait tenu qu’à ce vénérable personnage, on aurait déjà monté les quatre ou cinq comédies que notre cher poète a dans ses cartons Mais les autres acteurs ont crié haro ! Du reste, cela se conçoit, puisqu’après tout ce sont

t38 LA COMÉDIE NOUVELLE, OU LE CAFÉ.

eux qui payent. Il leur a suffi de dire : « Cela ne nous plaît pas, » ou quelque chose de ce genre; et allez donc! Que diable!... Et ensuite, comme des acteurs savent ce qui est bon; et enfin, voyez-vous, monsieur, si ces gens-là... N’est- il pas vrai?

DON ANTONIO

Sans aucun doute.

PÉPÉ

Mais laissez toujours, monsieur; quoique ce soit la première pièce de lui qu’ils représentent , il inc semble à moi qu’elle doit faire fureur.

DON ANTONIO

Ah ! c'est sa première pièce?

PÉPÉ

Oui, la première. Dame! jeune encore comme il est! Je me souviens parfaitement... Tenez, il y a de cela quatre ou cinq ans, monsieur : il était employé en qualité de commis ici à la loterie du coin , et, ma foi, il coulait une existeuce devrai richard. Puis, un beau jour, s’étant mis aux gages d’un gentilhomme \ il vint à perdre son maître au meilleur moment. De plus, l’infortuné s’était marié en secret avec la femme de chambre; et comme il était déjà père de deux marmots et que bientôt après il lui en naquit deux autres encore, se voyant, dans celte situation, sans emploi ni bénéfice, sans parents ni aboutissants , il a pris sou parti en brave et il s’est fait poète.

* .Su hizo pacii : ce mot eat difficile à rendre. Il ne s'agit pas ici d'un page de l’ancien temps, niais d une espece de serviteur de confiance. Le fxigr tient ;i la fois du valet de chambre et de l'inlendaiH de grande maison.

Page 1