ACTE I, SCENE IV
DIDIER
Eh ! que prétend cet homme ? Quelles paroles pouvons-nous encore échanger ensemble? Quel pacte conclure qui ne soit pas un pacte de mort ?
ANFRID.
Il se dit porteur d'un message important; en attendant, il s'entretient avec les comtes, avec tout ce qu'il rencontre dans le palais, et leur adresse de caressantes paroles.
DIDIER
Je connais les artifices de Charles.
ADELGHIS.
Ne laissons pas à son instrument le loisir de les mettre en œuvre.
DIDIER
Anfrid, rassemble à l'instant nos Fidèles, amène-les ici et l'ambassadeur avec eux. {Anfrid sort.) Le jour de l'épreuve est arrivé; mon fils, es-tu avec moi?
ADELGHIS.
Quand ai-je pu, ô mon père, mériter une question si dure?
DIDIER
Le jour est venu qui réclame de nous une seule volonté, un seul cœur. Parle, en est-il ainsi? Que pensestu faire ?
Que le passé réponde pour moi. Ce que je pense faire ? attendre tes ordres et les exécuter.
DIDIER
Et s'ils étaient contraires à tes desseins?
ADELGHIS.
O mon père I un ennemi se montre, et tu me demandes ce que je ferai! Je ne suis plus qu'un glaive dans
206 ADELGHIS.
ta main. Voici l'envoyé : mon devoir sera écrit dans ta réponse.