‹ Théâtre et poésiesChapitre 125 sur 221 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

ennemi h ma courte chevelure, à mon menton rasé, à mon costume, h l'air de ma figure, à mon langage romain. Étranger et ennemi, j'aurais pu rencontrer une mort inutile. Ptevenir sans t' avoir vu m'était plus amer que la mort. Je songeai que de l'aspect libérateur de Charles un court espace me séparait. Je résolus de chercher un chemin qui me menât à lui, et je le trouvai.

Et comment Pas-tu découvert? Commenta-t-il échappé à l'ennemi?

MARTIN

Dieu l'aveuglait, Dieu a été mon guide. Je sortis du camp, sans être vu; je repris la voie que j'avais foulée un peu auparavant, puis j'inclinai à droite, vers le nord, et abandonnant les sentiers battus, je m'enfonçai dans une étroite et sombre vallée; mais plus j'avançais, plus elle s'élargissait à mon regard. Je n'y aperçus que des cabanes et des troupeaux errants; j'avais atteint la dernière région habitée par des hommes. J'entrai chez un berger, je lui demandai l'hospitalité, et je passai la nuit sur des peaux revêtues de leur toison. Levé dès l'aurore, je demandai au bon pâtre le chemin du pays des Francs. — « Au delà de ces monts, me dit-il, sont d'autres monts, et d'autres encore, et loin, bien loin, c'est le pays des Francs; mais de route, il n'y en a pas, et ces montagnes sont sans nombre, toutes escarpées, nues, effrayantes, uniquement hantées par des esprits, et jamais pied de l'homme ne les a franchies. » — « Les voies de Dieu sont nombreuses, plus nombreuses que celles de l'homme, répondis-je, et c'est Dieu qui m'envoie. » — « Qu'il te conduise donc, » dit le pâtre. Puis des pains

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