‹ Théâtre et poésiesChapitre 129 sur 221 · SCÈNE V CHARLES, comtes et évêques · texte numérisé non relu

SCÈNE V CHARLES, comtes et évêques

CHARLES

(Aux comtes.) Je vous ai mis à une rude épreuve, ô mes guerriers ! Je vous ai tenus exposés à des dangers stériles, à des souffrances qui pouvaient paraître sans honneur. Mais vous avez eu confiance en votre roi, vous lui avez obéi, comme en un jour de bataille. Aujourd'hui, répreuve est achevée, et les Francs vont en recevoir une récompense digne d'eux. Au soleil levant, une troupe des nôtres se mettra en marche. — Ekhart , tu la conduiras.

— Ils iront chercher l'ennemi, et bientôt ils le joindront là où il s'y attend le moins. — Ekhart, je te donnerai des ordres plus précis. Je compte beaucoup d'amis dans le camp des Lombards. On te dira à quels traits tu dois les reconnaître, et comment te servir d'eux. Il vous sera aisé d'attirer le reste hors des Cluses; alors nous y entrerons sans coup férir, et tous ensemble nous nous reverrons en pleine campagne.

— Amis, plus de murailles, plus de tours, plus de flèches sorties des créneaux, plus d'ennemi qui nous raille derrière son rempart, ou qui fonde sur nous à l'improviste; mais des enseignes déployées au vent, cavalier contre cavalier, des adversaires épars dans la plaine, et entre nous et leurs poitrines la simple longueur d'une lance. Dites-le à mes soldats, dites-leur que vous avez vu votre roi joyeux, comme au jour où, dans Heresbourg, il vous prédit la victoire; qu'ils soient prêts à combattre; que du retour, on en parlera après la conquête, et quand on aura partagé le

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