ACTE II, SCENE V
butin. Trois jours, et ensuite le combat, et la victoire; puis le repos, là, au sein de la belle Italie, dans ces campagnes ondoyantes d'épis, sous ces arbres chargés de fruits inconnus à nos pères, au milieu de ces temples antiques et de ces palais, sur cette terre que réjouissent des chants mélodieux, que chérit le soleil, dont le sein garde la cendre des maîtres du monde et des martyrs du Seigneur; où le pontife suprême lève les mains au ciel pour bénir nos enseignes; où nous n'avons pour ennemi qu'une petite nation, et celle-ci encore divisée,' et qui m'appartient à demi; le même peuple que deux fois déjà mon glorieux père a châtié, un peuple en dissolution. Tout le reste est pour nous, le reste nous attend. — Du haut de ses vigies, l'ennemi va s'étonner de voir notre camp se mouvoir; qu'il s'en réjouisse, s'il veut. Qu'il rêve notre fuite, qu'il rêve la conquête impie, la dévastation du sanctuaire, et esclave dans sa main, le souverain pontife, notre père commun, notre ami; jusqu'à ce que, fondant sur lui à l'improviste, Eckart enfin le réveille. — Et vous, saints évêques, prêtres vénérables, ordonnez au camp de se mettre en prières. Consacrez à Dieu cette entreprise qui est sienne. Plus mes Francs abaisseront leurs fronts devant lui, plus devant eux l'ennemi courbera la tête, sur le champ de bataille.