‹ Théâtre et poésiesChapitre 134 sur 221 · SCÈNE II ADELGHIS, DIDIER · texte numérisé non relu

SCÈNE II ADELGHIS, DIDIER

DIDIER

Mon fils, tu es roi comme ton père, et il ne lui est plus permis de te prodiguer les honneurs. Te faire plus grand, aucun mortel ne le peut; mais la récompense la plus chère à ton amour, c'est, je le sais, la joie et les hautes louanges d'un père. Sauveur du royaume, c'est maintenant que ta gloire commence, et je veux lui ouvrir un champ plus vaste et moins rude. Les doutes et la crainte que naguère encore tu opposais à mes desseins, ton bras les a fait disparaître; ta valeur

230 ADELGHIS.

ne te laisse plus aucune excuse. Vainqueur des Francs, je te salue conquérant de Rome. Le glorieux diadème qui a déjà passé, mais incomplet, sur la tête de vingt rois, attend de la main son dernier fleuron et le plus beau.

ADELGHIS.

Quelle que soit l'entreprise, je suis ton soldat, ô mon père, et tu me trouveras docile à te suivre.

DIDIER

Et cette brillante conquête, seule, ô mon fils, c'est l'obéissance qui t'y pousse?

ADELGHIS.

Elle dépend du moins de moi; et aussi longtemps que je vivrai, tu l'auras tout entière.

DIDIER

Et tu obéirais, même en désapprouvant?

ADELGHIS.

J'obéirais.

DIDIER

Gloire et tourment de ma vieillesse, le bras de ton père dans la bataille et son obstacle dans les conseils; en sera-t-il toujours ainsi? Sera-t-il toujours besoin de te traîner de force à la victoire?

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