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LE CHOEUR

Sous les portiques couverts de mousse, dans les forums croulants, sous les bois, sous les voûtes où siffle le feu des forges ardentes, au bord des sillons baignés d'une sueur servile, une multitude éparse tout à coup s'émeut. Elle dresse l'oreille, elle lève la tête, frappée d'une nouvelle et croissante rumeur.

Dans leurs regards mal assurés, sur leurs visages craintifs, comme un rayon de soleil à travers les nuées épaisses, perce encore le fier courage de leurs pères. Dans leurs regards, sur leurs visages, incertain et confus se confond et lutte, avec le sentiment de l'outrage souffert, le misérable orgueil d'un temps qui n'est plus.

Ils s'accostent impatients, ils se séparent tremblants; par les sentiers détournés, marchant au hasard, partagés entre la crainte et le désir, ils s'avancent et s'arrêtent. Ils regardent et voient avec étonnement, découragée et confuse, la foule dispersée de leurs tyrans cruels fuir en désordre devant les épées qui ne leur laissent aucun repos.

Ils les voient, éperdus, effarouchés comme des bêles fauves, leurs rouges crinières hérissées de frayeur, chercher les retraites connues de leurs tanières; et là, pâles et quittant l'air accoutumé de la menace, leurs superbes épouses regarder, pensives, leurs enfants pensifs.

Et de droite et de gauche, sur les pas des fuyards, pareils à des chiens lâchés, qui quêtent et qui courent, armés de l'épée avide, des guerriers qui s'élancent; ils les voient, et ravis d'un contentement inconnu, sur l'aile agile de l'espérance, ils devancent l'événement, et rêvent la fin de leur dur servage.

Écoutez 1 ces braves, qui tiennent la campagne, qui ne laissent aucun refuge à vos tyrans, ils sont venus de loin, par de rudes sentiers ; ils ont suspendu les délices de leurs joyeux festins, ils se sont levés brusquement, ils ont renoncé aux douceurs du repos, pour répondre au soudain appel des trompettes guerrières.

Ils ont laissé dans les salles du toit paternel leurs femmes éplorées, mais bientôt revenues aux adieux, aux prières, aux conseils, d'abord entrecoupés par les larmes. Ils ont chargé leurs fronts de leurs cimiers

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