‹ Théâtre et poésiesChapitre 157 sur 221 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

teras mon commandement, et que jamais séduction ni crainte ïi'cn feront sortir le secret de ta bouche.

AMRI , la main posée sur les armes.

Je le jure, et si jamais j'y manque, puissé-je aller mendiant, ne plus porter Pécu, devenir l'esclave d'un Romain!

GUNTIS.

Écoute. C'est à moi, tu le sais, que fut commise la garde de ces murailles. Ici je commande et n'obéis à nul autre qu'au roi. Je te mets en sentinelle sur ce glacis, dont j'ai à dessein éloigné tout autre guerrier. Prête l'oreille et guette, à la clarté de la lune. Quand la nuit sera au milieu de son cours, tu verras un guerrier s'approcher sans bruit de la muraille; ce sera Sivart... Pourquoi me regarder de cet air étonné? Oui, Sivart, un homme qui parmi nous était moins que toi, et qui aujourd'hui, chez les Francs, a un rang élevé, uniquement parce qu'il a su servir avec adresse et discrétion. Qu'il te suffise de savoir qu'il vient en ami visiter ton maître. Il frappera doucement sur son écu avec le pommeau de son épée : tu répéteras trois fois le même signal. Il appliquera une échelle au rempart; quand il l'aura placée, répète encore le signal; il y montera; conduis-le alors à cette tourelle, et fais sentinelle en dehors. Si tù entends marcher ou respirer, entre et avertis-nous.

AMRI

Tout sera fait comme tu me l'ordonnes.

GUNTiS.

Tu sers un grand dessein, la récompense aussi sera grande.

(Amri s'éloigne.)

260 ADELGHIS.

Page 1