ACTE IV, SCENE V
sée, le salut du royaume, et ils seront à nous, ils le sont déjà. Les autres, inébranlables dans leur amour, n'espérant d'ailleurs rien de Charles....
SIYART.
Eh bien I promets toujours,, gagne-les tous.
GUNTIS.
C'est courir des risques inutiles. Périsse qui voudra périr : tout se peut achever sans eux.
SIYART.
Écoute-moi, Guntis. C'est un Fidèle du roi des Francs qui parle ici à un autre de ses Fidèles; mais c'est aussi un Lombard qui s'adresse à un Lombard. Charles, je n'en doute pas, tiendra ses engagements; mais mieux vaut encore nous entourer d'amis, d'une foule d'hommes que nous aurons sauvés.
GUNTIS.
Je te dois confiance pour confiance, Sivart. Le jour où Charles régnera sans ombrage, que pas un glaive ne restera qui ne lui soit dévoué. .. prenons bien garde à ce jour- là! mais si un ennemi lui échappe, dont la vie menace son nouveau royaume, ne crains pas qu'il néglige ceux qui auront mis ce royaume dans sa main.
SIYART.
C'est parler en homme sincère et prudent. — Écoute : il n'y avait pour nous de salut que dans la voie que nous avons prise; mais elle est semée d'obstacles et de pièges, tu le verras. Malheur à qui voudrait la parcourir seult — Puisque la fortune nous rassemble ici dans cette heure suprême, puisqu'elle nous a choisis pour nous unir dans l'œuvre et le danger de cette nuit, qui jamais certes ne sera oubliée, lionsnous l'un à l'autre, et pour toujours. Je te promets de
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veiller sur ta destinée : les ennemis seront les miens.
GUNTIS.
Je reçois ta parole, ô Sivart! et je t'engage la mienne.
sivart.
A la vie et h la mort.
GUNTIS.
Ta main pour gage. (// tend la main à Sivart qui la serre dans la sienne.) Ami, va porter mon hommage au roi des Francs.
SIVART.
Demain I
GUNTIS.
Demain. Amri! {Amri paraît.) Personne sur le
glacis?
AMRI
Pas une ombre, tout se tait au loin.
GUNTIS, à Amri, en lui désignant SivarU
Reconduis-le.
SIVART.
Adieu!