SCÈNE II
ADELGHIS.
Va, vis, vieillis en paix; reste un des premiers de la nation, tu le mérites; va, ne crains rien, tu auras un maître ; le temps appartient à tes pareils. — Mais s'entendre signifier la volonté des lâches, et recevoir la loi de ceux qui tremblent! Ah! c'en est trop. Ils ont résolu, ils veulent, parce qu'ils sont des lâches; et la peur leur enseigne la menace, et ils ne souffriront pas qu'un seul fasse obstacle à cette rage de couardise, qu'il reste un homme parmi eux! — 0 ciel! mon père dans les serres de Charles! ses derniers jours, il les achèvera sous le joug d'autrui, forcé d'obéir à un signe de cette main qu'il n'eût pas daigné serrer en ami; mangeant le pain de qui l'a outragé, de qui l'a méprisé! Et aucun moyen de le tirer du fond de l'abîme où il se débat seul et trahi, et d'où vainement il appelle une main qui le sauve! aucun! — Brescia est tombée, et ce cher, ce généreux Baude, il s'est vu, lui aussi, forcé d'en ouvrir les porles par ceux qui ne veulent pas mourir. Oh! Hermcngarde, tu fus plus heureuse que nous tous! oh! jours! oh! maison de Didier, où c'est mourir digne d'envie que de mourir de douleur ! — Au dehors, cet orgueilleux qui s'avance, et qui tout à l'heure viendra me sommer d'achever son triomphe; ici la lâcheté qui lui répond et qui ose me presser :