‹ Théâtre et poésiesChapitre 30 sur 221 · Hist., lib. IV. Rer. Ital. Script., t. XIX, col · texte numérisé non relu

Hist., lib. IV. Rer. Ital. Script., t. XIX, col

tenant de réponse ni à ses plaintes, ni à sa demande formelle d'être licencié du service^ le comte résolut de s'en venir en personne interpeller le duc. Ce prince demeurait alors à Abbiategrasso. Lorsque Garmagnola se présenta pour entrer au château, il fut bien étonné d'ouïr qu'on lui disait d'attendre. S'étantfait annoncer au duc, on lui répondit que le duc élait occupé, et qu'il s'adressât à Riccio. Il insista, et dit qu'il avait peu de chose à communiquer au duc, mais à lui-même, et ne reçut d'autre réponse que la première. Alors se tournant vers Philippe qu'il apercevait par une barbacane, il lui reprocha son ingratitude et sa perfidie, et jura qu'il saurait bientôt se faire regretter de qui maintenant se refusait à l'entendre; extournant bride, il partit avec le petit nombre de compagnons qu'il avait amenés à sa suite. — Vainement Oldrado se mit à sa poursuite, qui, au dire de Bigli, dut s'estimer heureux de n'avoir pu le rejoindre.

Garmagnola passa en Piémont, où s'étant abouché avec Amédée, duc de Savoie, son prince naturel, il n'épargna rien pour en faire l'ennemi de Philippe; puis traversant la Savoie, la Suisse et le Tyrol, il se rendit à Trévise. Philippe, de son côté, confisqua les domaines considérables que Carmagnola possédait dans le Milanais *.

Carmagnola arriva à Venise le 23 février 1425, et y fut accueilli avec distinction. On lui donna un logement aux frais de l'État dans le patriarcat, avec permission pour lui et sa suite de conserver leurs armes. Deux jours après, il entra au service de la république avec trois cents lances2.

Les Florentins, alors engagés dans une guerre malheureuse contre le duc Philippe, sollicitaient l'alliance de Venise : de son côté le duc pressait les Vénitiens de rester en paix avec lui. Sur ces entrefaites, un certain Jean Hiprando, exilé de Milan, trafiqua avec le duc du meurtre de Carmagnola, sous condilion qu'il lui fût permis de retourner dans sa patrie. Le complot fut éventé, et les Vénitiens ne doutèrent plus que le comte ne fût pour toujours éloigné de se réconcilier avec son ancien maître. C'est à cette découverte que Bigli attribue en grande partie la résolution des Vénitiens de se déclarer pour la guerre. Le doge proposa au sénat de consulter Carmagnola ; celui-ci conseilla la guerre : le

\ . Tout ce récit est tiré de Bigli.

Page 1