ACTE I, SCÈNE V
luer encore ma fortune, m'éveiller au son de la trompette, commander! — Voici le moment qui en décide. Mais si Venise demeure en paix, dois-je, moi, me cacher encore et rester obscurément dans cet asile, comme le meurtrier dans un temple? Celui qui a fait le destin d'un empire sera-t-il impuissant à faire le sien? Dans cette Italie divisée, parmi tant de princes, est-il donc si difficile d'en .trouver un seul qui ose convoiter la couronne dont se pare insolemment le lâche front de Philippe; qui se souvienne que Philippe le tient de moi, que je l'arrachai aux mains de dix tyrans conjurés, que je la replaçai sur cette tête, et que maintenant tout ce que je désire, c'est de la reprendre à l'ingrat et d'en faire hommage à qui saura se servir de mon bras ?