Anast., 172r
ce frère d'Astolphe qui, roi avant lui, avait, pour se faire moine, abandonné la couronne, y aspire de nouveau, sort du cloître, lève des hommes, et marche contre Didier. Celui-ci se tourne vers le pape qui; après lui avoir fait promettre qu'il remettra le» villes autrefois prises par Astolphe, mais jamais encore restituées, consent à le favoriser, et conseille à Rafghis de s'en retourner au Mont-Cassin *. Ratghis se rend aux avis du pape, et Didier demeure roi des Lombards.
On ne sait pas au juste en quelle année, mais ce fut certainement dans Tune des premières de son règne, que Didier fonda à Brescia, de concert avec sa femme Ansa, le monastère de Saint- Sauveur qui prit ensuite le nom de Sainte-Julie, Ansberghe ou Anselperghe, fille de Didier, en fut la première abbesse 2.
Les ducs de Bénévent et de Spolette se révoltèrent contre Didier, en se plaçant sous la protection de Pépin : Didier les attaque, les défait, prend Alboin dans Spolette, et chasse Luitprand de Bénévent 8. Cette même année ou la suivante , Didier se donna pour collègue sur le trône son fils qui, dans les lettres du pape et dans les chroniques, est appelé Adelgise, Atalgise ou même Algise, mais dans les actes publics Adelghis.
Pépin mourut en 768. Le royaume des Francs fut partagé entre Charles et Carloman, ses fils. Les lettres qu'adressent à Pépin Paul 1er et Etienne III, successeurs d'Etienne II, sont remplies de plaintes et de réclamations contre Didier, qui ne rendait pas les villes promises, et faisait au contraire de nouvelles invasions.
Bertrade, veuve de Pépin, désirant former des liens d'amitié entre sa maison et celle de Didier, passe en Italie, et propose deux
i. Sub jurejurando pollicitus est restituendum B. Petro civitates reliquas, Faventiam, Imolam, Ferrariam, cum earum finibus, etc. — Step. Ep. ad Pipin. Cod. Car. 8.
2. Anselperga sacrata Deo abbatissa monasterii Domini Salvatoris, quod fundatum est in civitate Brixia, quam dominus Desiderius excellentissimus rex, et Ansa praecellentissima regina, genitores ejus, a fundamentis aedificaverunt... — nipl. an. 761 apud Murât. Antiquit. liai. Dissert. 66. T. V, p. 499.