SCENE TREIZIEME
DERviÈRES, revenant.
Moi !... c'est-à-dire... (A part.) Est-elle gentille, mon Dieu ! (Haut.) Au contraire, je veux bien vous épouser... mais... après.
OLYMPE
C'est ça, quand vous aurez tué mon père.
Mais non... soyez donc tranquille... on ne sait pas... c'est peut-être lui qui me tuera.
OLYMPE, pleurant.
Alors, ce sera encore plus difficile.
DERVIÈRES.
C'est juste... je ne sais plus ce que je dis... Comment faire ?
OLYMPE
Moi qui vous croyais si doux, si paisible... Tenez, je vois bien que vous m'avez trompée... et que votre caractère...
DERVIÈRES.
Justement, c'est que je n'y suis pas dans mon caractère, j'en suis sorti !...
OLYMPE
Alors, rentrez-y, monsieur, rentrez-y.
DERVIÈRES.
C'est bien ce que je demande. (Bruit dans la chambre à droite.)
OLYMPE
Ciel ! j'entends la voix de mon père.
DERVIÈRES.
Ah ! grâce au ciel,
OLYMPE
Qii'aîlez-vous faire ?
Je VOUS en prie, laissez-nous.
OLYMPE
Je vous devine... je reste !
DERVIÈRES.
Je l'entends !... Je ne réponds plus de moi I
OLYMPE, effrayée.
Oh ! mon Dieu ! cachez-vous !
32 LE MAJOH CRAVACHON
DERVIÈRES.
Moi, le fuir 1
OLYMPE
Ah ! je vous en supplie... dans l'état d'exaspération où vous êtes...
DERVIÈRES.
Je n'ai plus rien à ménager... il m'a refusé votre main... il l'avait peut-être accordée d'avance à cet officier de hussards.
OLYMPE, à part.
Amélie. {Haut.) Le hussard, mais je n'en veux pas.
DERVIÈRES.
Il serait possible ?
OLYMPE
A une condition... partez.
Et vous m'aimerez ?
OLYMPE
Oui, oui, dépêchez-vous !
DERVIÈRES.
Et vous m'épouserez ?
OLYMPE
Je ferai mon possible, allez, allez.
DERVIÈRES.
Mais où ?... Ah ! cette chambre ? (Il se dirige à gauche, deuxième plan.)
OLYMPE
La mienne, non, non.
DERVIÈRES, allant à droite.
Celle-là ?
OLYMPE, à part.
La chambre d'Amélie ! (Haut.) Monsieur 1
DERVIÈRES, entrant.
Voyez ce que je fais pour vous !