SCENE XIV
CRAVACHON, AMELIE, OLYMPE.
OLYMPE, voyant entrer Amélie à gauche.
Ah ! Dieu soit loué !
Allons, allons, jeune homme, du calme I
AMÉLIE
Morbleu ! ventrebleu ! sacrebleu !
OLYMPE, à pari.
Dieu ! comme elle jure !
CRAVACHON.
Monsieur !
AMÉLIE
Je ne veux rien entendre !
CRAVACHON.
Mais...
AMÉLIE, frappant du pied.
Tête-bleue !
CRAVACHON.
Puisque je vous dis que c'est une ruse...
AMÉLIK.
Je n'aime pas les ruses.
CHAVAOION.
Une plaisanterie.
AMÉLIE
J'abhorre les plaisanteries... vous m'avez insulté l
OLYMPE, à part. Comment ! elle aussi !
AMÉLIE
Ça ne se passera pas comme ça, mille bombes !
CRAVACHON.
A la fin, voilà un homme. {Haut, avec effusion.) Mon ami, je vous dois une réparation...
OLYMPE, à part.
Encore un duel !
CRAVACHON.
Touchez là: vous êtes mon gendre.
LE MAJOR CRAVACHON
OLYMPE
Hein ?
AMÉLIE
Vrai ?... Eh bien ! j'accepte !...
OLYMPE, à part.
Par exemple !... (Haut.) Mais, papa...
CRAVACHON.
Te voilà... avance ici... (// la prend par la main et la présente à Amélie avec cérémonie.) Monsieur, voilà ma tille... c'est jeune, c'est timide, ne faites pas attention à elle... (A Olympe.) Voici l'époux que je t'ai choisi... il réunit toutes les qualités...
Pourtant, papa.
CRAVACHON.
.. je connais monsieur, je l'ai étu-
Pas d'observations, dié, je l'ai éprouvé...
OLYMPE
Si vous vous trompez...
CRAVACHON.
Je ne me trompe jamais.
OLYMPE, à part.
Là ! laissez donc faire les grands parents.
AMÉLIE, à part.
J'ai une envie de rire !... (Elle remonte la scène, en se donnant un air décidé.)
CRAVACHON, à Olijmpe.
Regarde donc quel air décidé ! quelle tournure martiale !... C'est un héros que je t'ai donné là, ma fille... et un jour... qui sait ? il deviendra peut-être maréchal.
OLYMPE
Oui, papa.
CRAVACHON.
Et toi on t'appellera madame la maréchale.
OLYMPE
Oui, papa.
CRAVACHON, à Amélie.
Alors, vous avez vu le feu ?
AMÉLIE
Si j'ai vu le feu ! j'en ai vu plus d'un.