‹ ThéâtreChapitre 209 sur 267 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DARDARD.

Et, à Bordeaux, quand on aime, quand on distingue une jeune liile au spectacle, on ne s'informe ni de son sang, ni de son nom, ni de son sexe...

PONTBICHET.

Mais, monsieur...

DARDARD, s'cinimaiit.

On la suit. Si elle monte dans un fiacre, on galope, on traverse les ponts, on rejoint le sapin, on grimpe derrière...

PONTBICHET.

Mais, monsieur...

DARDARD, de même.

On reçoit un coup de fouet, v'ian ! ça ne fait rien... on tombe, on se relève, on arrive chez le père...

POXTBICIIET.

Mais, monsieur...

DARDARD, COVAinUOllt.

Un gros qui dort ; on lui dit : « Réveillez-vous, habillez-vous, mariez-nous ! »

P0XT3ICIÎET.

Est-ce que vous êtes tous comme ça à Bordeaux ?

DARDARD.

Tous !

PONTBICHET.

Eh bien, à Paris, c'est différent ; quand on nous réveille... nous prenons un bâton, bien rond, que nous cassons, sans façon, sur le Gascon.

DARDARD.

Tiens, nous ionons au corbillon! qu'y met-on ?

PONTBICHET.

Terminons...

Ah !... le mot est bon.

PONTBICHET.

Vous désirez voir ma fille ?

DARDARD.

Oui.

PONTBICHET.

Eh bien, vous ne la verrez pas...

DARDARD.

Très bien !

POXTBICHET.

Vous demandez à l'épouser ?

DARDARD.

Oui.

PONTBICHET.

Eh bien, vous ne l'épouserez pas.

DARDARD.

Très bien !

PONTBICHET.

Maintenant, mon petit ami, je vais vous mettre à la porte.

Non.

PONTBICHET.

Savez-vous que je suis plus gros que vous... et par conséquent plus...

DARDARD.

Gras ?

PONTiilCHET.

Non, plus fort.

DARDARD.

En entrant, j'ai fermé votre porte à double tour, et j'ai mis la clef dans ma poche... la voici I

PONTBICHET,

Eh bien ?

DARDARD.

Pour rester, il ne tiendrait qu'à moi de la lancer par la fenêtre.

PONTBICHET.

Oui, mais je vous ferais prendre le même chemin.

DARDARD.

Non.

PONTBICHET.

Pourquoi ?

DARDARD.

Parce que, casser un Gascon, c'est très-cher, cest un grand luxe !... ça ce paye double.

PONTBICHET, à part.

Il a raison.

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