SCENE HUITIEME
DARDENBŒUF.
Ah ! voilà un mot qui n'est pas... gentil !... mais quand vous me connaîtrez mieux... j'ai des défauts sans doute, je suis...
ISMÉNIE, vivement.
Chut ! on ne vous les demande pas, vos défauts.
DARDENBŒUF.
Comment ?
Cachez-les !... un prétendu... c'est son état !
DARDENBŒUF, éfonné.
Ah bah !.,. mais à vous...
A moi, ni à personne !... je ne vous dis pas les miens, ainsi...
DARDENBŒUF.
Oh ! c'est inutile... monsieur votre père a eu l'obligeance de m'en donner la note détaillée...
Comment ?
DARDENBŒUF, soiiriant.
Oui... maussade, bavarde, dépensière, acariâtre...
Par exemple !... mais ce n'est pas vrai, monsieur !... ce n'est pas vrai !
DARDENBŒUF.
Soyez donc tranquille... je connais assez la botanique pour distinguer une rose... d'un chardon.
ISMÉNIE, le remerciant.
Ah ! monsieur !
DARDENBŒUF, triomphant, à part.
Je ne crois pas qu'on l'ait lu dans l'almanach, celui-là!
Ainsi vous n'avez pas cru ?...
DARDENBŒUF.
Moi, mademoiselk' !... j'ai cru que vous étiez belle, douce, cliarmante.
ISMÉNIE, avec reconnaissance.
Merci, monsieur Eusèbe, merci !
DARDENBŒUF, à part.
Elle m'appelle Eusèbe !... cristi... j'ai des pétards dans
les veines ! (Haut, avec passion.) Mademoiselle... non !... ce n'est pas du feu... non I ce n'est pas de la lave !... non, ce n'est pas... permettez ?... voilà ce que c'est... (// lui embrasse la main à plusieurs reprises.)