ACTE TROISIEME
LA BARONNE, à part.
Comme il me regarde... Je suis presque fâchée de l'avoir annoncé à mes invités.
FADINARD.
Mon Dieu ! que vous avez donc de jolis cheveux !
LA BARONNE, Se reculant vivement et à part. Des cheveux !... par exemple !
FADINARD.
Ils me rappellent un délicieux chapeau que vous portiez hier...
LA BARONNE
A Chantilly ?...
FADINARD, Vivement.
Précisément... Ah ! le délicieux chapeau ! le ravissant chapeau !
LA BARONNE
Comment, monsieur... c'est cela ?
FADINARD, ttvec feU.
air: Quand les oiseaux.
Oui, je n'osais pas vous le dire !...
Mais, enfin, le mot est lâché !
Après ce chapeau je soupire,
Mon bonheur s'y tnuive... accroché.
Sous cette coiffure jolie
Mon œil ébloui rencontra
Les traits divins que voilà;
Et je me dis : « Si, pour la vie,
L'image doit m'êtrc ravie...
Le cadre au moins me restera !
(A part.) Quel plat madrigal je fais là !
(Haut.) Oui, le cadre me restera !
LA BARONNE, éclatant de rire.
Ah ! ah ! ah !
FADINARD, riant aussi.
Ah ! ah ! ah ! (A part, sérieux.) Je l'aurai !
Je comprends... c'est pour faire pendant nu soulier.
FADINARD.
Quel soulier ?
LA BARONNE, riant aux éclats.
Ah ! ah ! ah !
FADiNARD, riant.
Ah ! ah ! ah ! (A part, sérieux.) Quel soulier ?
LA BARONNE, tout en riant.
Soyez tranquille, monsieur... ce chapeau...
FADINARD.
Ah !
LA BARONNE
Demain... je vous l'enverrai...
FADINARD.
Non, tout de suite... tout de suite !
LA BARONNE
Mais cependant...
FADINARD, reprenant son extinction de voix.
Tenez... entendez-vous ?... Ma voix... je l'ai dans les talons... Hoû ! hoû !
LA BARONNE, agitant vivement une sonnette.
Ah ! mon Dieu ! Clotilde ! Clotilde !.. (Une femme de chambre paraît à droite, la baronne lui dit vivement un mot à l'oreille; elle sort.) Dans cinq minutes, vous serez satisfait... {Riant.) Je vous demande pardon... Ah ! ah !... Mais un chapeau !... c'est si original !.., Ah ! ah ! ah !. {Elle sort à gauche en riant.)