‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 109 sur 289 · ACTE IT, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IT, SCÈNE I

Eh mais! c'est convenable !.•• Je suis... et c'est ma qualité.

En prisennier d'État traité!...

Mes geôliers!... à votre santé.

Tous ces cachots

Sont fort beaux!

Et mon sort

Me plaît fort A la Bastille!

Ma foi, vidons

Ces flacons;

Délivrons

Ce bouchon

De prison !

Douce liqueur!

Plus de peur

En mon cœur.

Qui d'ardeur Brûle et pétille!

Et je ne crain ,

Rien enfin

Que la fin '

De ce vin Rare et divin!

Tous ces cachots

Sont fortbeaui!

Et mon sort

Meplaitfort A la Bastille!

Gatment vidons

Ces flacons;

DéliTTOos

Ce bouchon

De prison.

Sous les verrous Un sort si doux Ferait bien des jaloox

Hélas ! pendant que j'extermine Ces vins au fumet séduisant.

Et ces compotes dont la mine Ferait revenir un mourant, Peut-être une drogue ennemie...

NMmporte ! pour un confiseur.

Dans un repas perdre la vie...

C'est expirer au champ d'hoi^peurf Tous ces cachots Sont fort heaux^ etc.

(a la fin de ce morceau, Coquerel se lète de tab)^; Serrefort fait aigae an exempts de se retirer; deux domestiques raagcnt la table sans remporter.

SGËNË IL COQUEREL, SERREFORT.

COQUEREL

Je suis traité en prisonnier d'État! ils s'en vont, ils nom laissent, (a Serrefort.) Et VOUS, mon chçr ami?

SERREFORT.

J'ai Tordre de rester ici jusqu'à l'arrivée de Monseigneur. Monseigneur le gouveme'ur de la Bastille?

SERREFORT.

Et jusque-là je ne puis vous quitter.

COQUEREL

Cela va être bien ennuyeux pour vous.

C'est mon état, et il est souvent bien pénible.

COQUEREL, avec attendrissement.

Voilà de l'hun^anité.

SERREFORT, grasseyant.

Car j'ai moi-même des affaires ; un souper, un contrat de mariage, et je perds ici mon temps k vous garder, et à attendre Monseigneur, qui ne vient pas.

COQUEI^ÇL?

n se plaint encore, c'est lui qui se fâche et me tom^ne le dos; si je pouvais pendant ce temps lire le billet qu'Angélique m'a

glissé au moment du départ, (il ouvre Iç billet et le ut en s*interroai> pant de temps en temps, chaque fois que dans sa mauvaise humeur Serrefort fait un mouvement pour se retourner.) a MoUSieUT Isidore, )> mon petit nom! a j'ignore ce qui se passe, mais iJ y a quelque « chose. » Je crois bien, a Un moii^eur fie la coui* est venu par- « 1er à ma mère, et nous allons partir tout à l'heure pour son « château, qui est à deux lieues d'ici, à Chaville; tâchez d'y « venir. » Comme c'est aisé, quand on est enfermé à la Bastille! «J'ai idée qu'il s'agit d'un mariage pour moi, car ma

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