ACTE IT, SCÈNE I
Eh mais! c'est convenable !.•• Je suis... et c'est ma qualité.
En prisennier d'État traité!...
Mes geôliers!... à votre santé.
Tous ces cachots
Sont fort beaux!
Et mon sort
Me plaît fort A la Bastille!
Ma foi, vidons
Ces flacons;
Délivrons
Ce bouchon
De prison !
Douce liqueur!
Plus de peur
En mon cœur.
Qui d'ardeur Brûle et pétille!
Et je ne crain ,
Rien enfin
Que la fin '
De ce vin Rare et divin!
Tous ces cachots
Sont fortbeaui!
Et mon sort
Meplaitfort A la Bastille!
Gatment vidons
Ces flacons;
DéliTTOos
Ce bouchon
De prison.
Sous les verrous Un sort si doux Ferait bien des jaloox
Hélas ! pendant que j'extermine Ces vins au fumet séduisant.
Et ces compotes dont la mine Ferait revenir un mourant, Peut-être une drogue ennemie...
NMmporte ! pour un confiseur.
Dans un repas perdre la vie...
C'est expirer au champ d'hoi^peurf Tous ces cachots Sont fort heaux^ etc.
(a la fin de ce morceau, Coquerel se lète de tab)^; Serrefort fait aigae an exempts de se retirer; deux domestiques raagcnt la table sans remporter.
SGËNË IL COQUEREL, SERREFORT.
COQUEREL
Je suis traité en prisonnier d'État! ils s'en vont, ils nom laissent, (a Serrefort.) Et VOUS, mon chçr ami?
SERREFORT.
J'ai Tordre de rester ici jusqu'à l'arrivée de Monseigneur. Monseigneur le gouveme'ur de la Bastille?
SERREFORT.
Et jusque-là je ne puis vous quitter.
COQUEREL
Cela va être bien ennuyeux pour vous.
C'est mon état, et il est souvent bien pénible.
COQUEREL, avec attendrissement.
Voilà de l'hun^anité.
SERREFORT, grasseyant.
Car j'ai moi-même des affaires ; un souper, un contrat de mariage, et je perds ici mon temps k vous garder, et à attendre Monseigneur, qui ne vient pas.
COQUEI^ÇL?
n se plaint encore, c'est lui qui se fâche et me tom^ne le dos; si je pouvais pendant ce temps lire le billet qu'Angélique m'a
glissé au moment du départ, (il ouvre Iç billet et le ut en s*interroai> pant de temps en temps, chaque fois que dans sa mauvaise humeur Serrefort fait un mouvement pour se retourner.) a MoUSieUT Isidore, )> mon petit nom! a j'ignore ce qui se passe, mais iJ y a quelque « chose. » Je crois bien, a Un moii^eur fie la coui* est venu par- « 1er à ma mère, et nous allons partir tout à l'heure pour son « château, qui est à deux lieues d'ici, à Chaville; tâchez d'y « venir. » Comme c'est aisé, quand on est enfermé à la Bastille! «J'ai idée qu'il s'agit d'un mariage pour moi, car ma