SCÈNE X
LA COMTESSE, en eostume de bal, suivie de GERMAIN, aon domestique, à qui elle fait signe de la main de Tattendre dans la pièce à côté;
DUBOIS
LA COMTESSE, entrant par le fond et voyant sortir par la porte à droite le comte et Angélique.
On ne m'a pas trompée; mon mari et une jeune fille! le billet qu'un inconnu vient de m'apporter disait vrai.
DUBOIS, alUnt à elle.
Madame la comtesse ici, à Chaville, quand monsieur le comte la croyait à Paris !
lA COMTESSE, avec une vive émotion.
Approche ici, Dubois, et réponds-moi. Monsieur le comte devait être à Versailles où se traite ce soir une importante affaire au conseil du roi! Comment est-il ici, à ChaviÛe^ dans sa maison de campagne, avec toi et une jeune fille?
DUBOIS, feignant la surprise.
Une jeune fille!
LA COMTESSE^ d*unton affirmatif.
'ai vue!
Alors n'y a moyen de rien cacher à Madame, et quoique monsieur le comte m'ait recommandé le secret.*.
Ll COMTESBE.
Je t'ordonriej moi, de parler; et prends gard*^ à ce que tu Tas dire* Car si mon raEiri est l'ami de madame de Pompadour^ je le suis de la reine, moî^ et il y a des moments oh ce poutoir-là vaut bien l'autre» Eh bien?
DUOOISj avec semîLMlUé.
Eh bien* Madame, 11 y avait à Paris, rue des Lombards, un jeune eontiseur, monsieur Coqiierel, que monsieiu' le comte pix)légeait. Il a voulu le marier aujourd'hui même, ici, dann son château^
LA COMTESSE
Et lu crois que je serai dupe d'une pareille histoire?
DUBOIS, avec ïadigiiatititji.
Une histoire 1 Tenez, tenez. Madame, entendez-vous la cloche j c'est la cércraorîiej et pai' cette îbaêtrc vous pouvex
Ivoir le cortège entrer dans la chapelle du château, LA. COMTESSE, regÊirdBiiL C'est waiï une jeune fille en mariée !
DUBOIS
liademoiselLe Angéiiqjiie!
Lk (10MTE5SB.
Un jeune homme pâle l DUBOIS.
Monsieur Coquerel.
LA COMTESSE
Due autre femme plus âgée !
I DUBOIS
La parfumeuse douaiiière , la mère de la mariée! Là COUtESSB.
Sa mère!
^B DUBOIS
^P J'espère que vous n'avez plus de doutes?
1^ LA COMTESSE , avec hêsïlatioB.
Non, certainement^ mais pourquoi ne pas m'en palier, poui*quoi mou mari se cache-l-il de moi?
DUBOIS
n est comme Madame^ il aime à cacher le bien qu'il fait, et
si Madame veut descendre voir les mariés , sa présence leur causera une surprise et un plaisir !
LA COMTESSE
Non, non, demain je leur enverrai mpn cadeau de nqcc! Mais aujourd'hui que personne, pas même monsieur le comte; ne sache le ridicule accès de jalousie qui lui donnpralt tr» d^avantage sur moi. (Appelant.) Germain ! (son domestiqua eôtre, «^
lui parle bas en lui montrant la porte à droite. — Â Dubois.) Par CCt 6^
calier et la petite porte qui donne sur le bois, je partir^d s^ns que monsieur le comte se doute seulement que je suis venue!
DUBOTS.
Oui, Madame.
LA COMTESSE, continuant, à Dubois.
Toi, pour qu'il l'ignore j retourne auprès de lu^,
DUBOIS, sMnclinant.
Madame sera satisfaite, (a part.) Et nous aussi. PUe $'éloigpe| et, grâce au ciel, nous en voilà délivrés! C'est égal, noua Vir vons échappée belle ! (n sort.)