‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 121 sur 289 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LA COMTESSE, en eostume de bal, suivie de GERMAIN, aon domestique, à qui elle fait signe de la main de Tattendre dans la pièce à côté;

DUBOIS

LA COMTESSE, entrant par le fond et voyant sortir par la porte à droite le comte et Angélique.

On ne m'a pas trompée; mon mari et une jeune fille! le billet qu'un inconnu vient de m'apporter disait vrai.

DUBOIS, alUnt à elle.

Madame la comtesse ici, à Chaville, quand monsieur le comte la croyait à Paris !

lA COMTESSE, avec une vive émotion.

Approche ici, Dubois, et réponds-moi. Monsieur le comte devait être à Versailles où se traite ce soir une importante affaire au conseil du roi! Comment est-il ici, à ChaviÛe^ dans sa maison de campagne, avec toi et une jeune fille?

DUBOIS, feignant la surprise.

Une jeune fille!

LA COMTESSE^ d*unton affirmatif.

'ai vue!

Alors n'y a moyen de rien cacher à Madame, et quoique monsieur le comte m'ait recommandé le secret.*.

Ll COMTESBE.

Je t'ordonriej moi, de parler; et prends gard*^ à ce que tu Tas dire* Car si mon raEiri est l'ami de madame de Pompadour^ je le suis de la reine, moî^ et il y a des moments oh ce poutoir-là vaut bien l'autre» Eh bien?

DUOOISj avec semîLMlUé.

Eh bien* Madame, 11 y avait à Paris, rue des Lombards, un jeune eontiseur, monsieur Coqiierel, que monsieiu' le comte pix)légeait. Il a voulu le marier aujourd'hui même, ici, dann son château^

LA COMTESSE

Et lu crois que je serai dupe d'une pareille histoire?

DUBOIS, avec ïadigiiatititji.

Une histoire 1 Tenez, tenez. Madame, entendez-vous la cloche j c'est la cércraorîiej et pai' cette îbaêtrc vous pouvex

Ivoir le cortège entrer dans la chapelle du château, LA. COMTESSE, regÊirdBiiL C'est waiï une jeune fille en mariée !

DUBOIS

liademoiselLe Angéiiqjiie!

Lk (10MTE5SB.

Un jeune homme pâle l DUBOIS.

Monsieur Coquerel.

LA COMTESSE

Due autre femme plus âgée !

I DUBOIS

La parfumeuse douaiiière , la mère de la mariée! Là COUtESSB.

Sa mère!

^B DUBOIS

^P J'espère que vous n'avez plus de doutes?

1^ LA COMTESSE , avec hêsïlatioB.

Non, certainement^ mais pourquoi ne pas m'en palier, poui*quoi mou mari se cache-l-il de moi?

DUBOIS

n est comme Madame^ il aime à cacher le bien qu'il fait, et

si Madame veut descendre voir les mariés , sa présence leur causera une surprise et un plaisir !

LA COMTESSE

Non, non, demain je leur enverrai mpn cadeau de nqcc! Mais aujourd'hui que personne, pas même monsieur le comte; ne sache le ridicule accès de jalousie qui lui donnpralt tr» d^avantage sur moi. (Appelant.) Germain ! (son domestiqua eôtre, «^

lui parle bas en lui montrant la porte à droite. — Â Dubois.) Par CCt 6^

calier et la petite porte qui donne sur le bois, je partir^d s^ns que monsieur le comte se doute seulement que je suis venue!

DUBOTS.

Oui, Madame.

LA COMTESSE, continuant, à Dubois.

Toi, pour qu'il l'ignore j retourne auprès de lu^,

DUBOIS, sMnclinant.

Madame sera satisfaite, (a part.) Et nous aussi. PUe $'éloigpe| et, grâce au ciel, nous en voilà délivrés! C'est égal, noua Vir vons échappée belle ! (n sort.)

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