ACTE t^ SCENE ÎL B
Eh bienî alors.. , de quoi te plains-tu?
* HOtSAGE»
De ne pas la voir, de passer ma vie à la cbercher, à lu. pouT« Ifiîiîyre*., Bans pouvoir ni la reocontrerj ni ratteindre,
Horace , mon ami, es*lu bien sûr d'avoir ton bon sens? Tu reviens de France^ et les romans nouveaxix qu'on publie..,
IflOaACE.
Laisse-moi donc!
JULIAÏCD, Sont bien dangereux: pour les esprits; faibles, sans compter que souvent ils sont faibles d'esprit,
11 ne s'agit pas de France ï mais d'Espagne, de Madrid.,.
IC*est icij Tannée dernière... à une fête de la coiur, rjue je l'ai vue pour la première lois.
JIILIANO, Ici?
HOBACE- Au même bal que cette année, ce bal masqué et déguisé, que notre rcLne donne tous les ans aux fêtes de Noël,,, Ima- Igitie-toij mon ami.,.
lULIANQ, Une physionomie délicieuse! cela va sans dire. HORACE.
Elle était masquée.
iuliàno.
Cest juste* HORACE.
Mais la tournure la plus élégante, la pïus jolie main qup jamais un eavalier ait serrée dans les siennes.- en dansant... bien entendu*., car je l'avais invitée, et «a danse...
JUL1ÂT4Ù.
(Étai t ravissante .. .
HOtlACE.
Non; elle ne connaissait aucune figure.., elle ne connaissait Tien.., 11 semblait que c'était la première fois de sa vie qu'elle vint dans un bal.,. Il y avait dans ses questions une naïveté, et dans toms ses mouvements une gauclierie et ime grâce dé- I lideuses,.. Elle avait accepté mon bras, nous noiu^ prome-
nions dans ces riches salons^ où tout Tétonnait^ tout lui semblait charmant... mais à chaque mot qu'on lui adressait, elle balbutiait... elle semblait embarrassée... et moi qui le suis toujours, eu. comprends, il y avait sympathie... Je m'intéressais à elie^ Je la protégeais, elle n'avait plus peur... moî non plus, et si je te disais quel charme dans sa conversation, q^B\ esprit fip et délicaM— Je Técoutais, je l'admirais, et le temps s'écoulait avec une rapidité... lor^ùe tout à coup i^i^ petit masque pa.Hse auprès d'elle en lui disant : Voici bientôt mtnuU. — Déjà!.., s'é(iia-t-elle... et elle se ^ev§i ^vçç pr^ipitation.
^LUNO, foiiriant.
Eh mais! comme Gendrillon.
HORACE
|e yoiili^f en vain la retenii*... Adi^i^, ipe dirait-elle, ^i^u, feign^i^r Horace...
JULIARO.
Elle te connaissait donc?
HORACE
, Je lui avais appris, sans le vouloir, mon nom, ma famille, T^§^ espérance?, tputjispes périgées |8i>pn... fandi^ itju'çjle, j'igporais q^i e)le ét^it..^ pt m ^Qn^m^ t^ Hl^^f k te perdre ainsi, je l'avais suivie de lom.
JJff.IAIfO.
C'était bien,,.
HORACS.
Je la vois ainsi que sa compagne s'élancer ^P TP^^Tl^-v ^^^^ une vivacité qui me laissa VQir \e plus joli pied du monde... un pied admirable.
«ÎLIAHP.
Comme Ç^ndr^Ipp.
Bien mieux ef^core... ^t, iaîfis çp paon|eQtf elle laissa toi^^r ber...
Sa pantoufle verte?..,
BO^lACE.
Non, mon aipi... son masque! j'étais prè§ de la vpiture, 4 la portière... p^ jam^s, j^iï)ais jp n'pubUerai cettjs p^ysionpmie e)tiçhanteresse, pps beai^ yeux noips, ces traits si disUag|^8, qi|i sont % grpivés dftnïi mpp cqpuf...
ItJUAtlO.
Et la YûHiire ne paitait pas? et ce c})nr brillant et mpiJcnG ravait pas soustraite à tes regards?
HORACE
Abl c'est que,., je m sais coinmcnt te le dire.., ce char brillant et rapide était une Toiture de place,
JULUJfÛ.
Je deyine... U personne si distingue était peut-^tre une frisettpî
HORACE
Quelle indigne calomnie l il est vrai que ces deuï daines paraif^saient inquiètes... elles senribl aient se consulter entre elles,
JiTLUno.
Que te di&aiâ'je?
HORACE
Et je crus deviner-, . mais tu "vas te moquer de moi..* je crus deTiner à leur embarras qu'elles avaient tout uniment oublié».
HJtlANO.
Leur iKïHree?
^ SÛRACB.
Justement,
Tu !ûff4^ l3 tienue?
HORACE
En m'enfuyantj pour qu'il leur fût impossible de refuser.
JULTANQ, riant.
Ah! ah! ahl mon pmi... mou cher amil fjuel ddnoueïuent bourgeois pour une si brillante avenlurel,,, ça fait mal. I non ACE*
Attends donc! tu te hâtes de ju^rl... Quelques jours après je reçus à mon adresse un petit paquet contenant la modique ssomme que je lui avais prfitée.
Cela f étonnef ,.•
noRACE.
Dans une bourse brodée par elle.
Qu'en sais-tu?
«OHACE.
J'en suiiî sûr,,, une bourse brodée eu perles fi n es L. . et dans
cette bourse un petit papier et deux lignes... Tiens, vois, si toutefois tu le peux; car je Tai lu tant de fois...
JDLIANO , regardant la signfitare.
Signé le Domino noir. « Cette place de secrétaire (T ambassade, m qu'au bal vous désiriez tant, vous l'aurez.,, ce soir vous serez « nommé.
HORACE
Et ça n'a pas manqué! le soir même! moi qui n'avais aucun espoir, aucune chance... c^est inconcevable... c'est magique... oh! elle reviendra.
JUUANO.
Qui te l'a dit?
HORACE
Un instinct secret... Oui, mon ami, il me semble qu'elle est toujours là, auprès de moi... invisible à tous les yeux... et à chaque instant... je m'attends...
JULIANo, riant.
A quelque apparition surnaturelle?...
HORACE
Pourquoi pas? maintenant que nous n'avons plus l'inquisition, on peut croire sans danger à la magie, à la soyellerie.
Et tu y crois?
HORACE
Un peu!... Mon oncle le chanoine croyait fermement aux bons et mauvais anges... et que veux-tu! il m'a donné foi en sa doctrine que je trouve consolante.
juliauo.
Et qui, par malheur, n'est qu'absurde.
HORACE
C'est bien ce qui me désole... aussi j'en veux à ma raison quand elle me prouve que mon cœur a toi-t. ( on entend tm prélude de contredanse.)
Pardon, mon cher ami... j'ai une danseuse qui m'attend... Viens-tu dans la salle de bal?
HORACE
Non, j'aûne mieux rester ici.
JULUNO.
Avec elle?...
HORACE
Peut-être bien!
Bonne chance!