ACTE m, SCÈNE IV
Et puis qui vive? Holà!
Qui marche là?
Ce sont des soldats un peu gris ^
Par un sergent ivre conduits.
Sous un sombre portail soudain je me blottit. Et grâce à mon domino noir On passe sans m'apercevoir.
Tandis que moi^ Droite^ immobile et mourante d'effroi, En mon cœur je priais^
Et je disais :
mon Dieu! Dieu puissant!
SauTe-moi de tout accident^ Sauve rhonneur du couTent!
Ils sont partis.
Je me hasarde^ et m'ayance et frémis.
Mais Toilà qu*au détour D'un carrefour S'offre à mes yeux Ud inconnu sombre et mystérieux.
Ah ! je me meurs de peur^ C'est un Yoleur!
n me demande^ chapeau bas^ La faveur de quelques ducats; Et moi d'un air poli je lui disais bien bas ! Je n'ai rien^ monsieur le Toleur, Qu'une croix de peu de valeur !
Elle était d'or, (Croisant ses bras sur sa poitrine.) Et de mon mieux je la cachais encor...
Le voleur, malgré ça, S'en empara.
Et pendant Ce moment:
mon Dieu! disais-je en tremblant.
Sauve l'honneur du couvent !
En cet instant.
Passe en chantant Un jeune étudiant !
Le voleur à ce bruit Soudain s'enfuit.
Mon défenseur Court près de moi... Calmez votre frayeur.
Je ne tous qaftte pas, Prenez mon bras.
— Non, tion. Monsieur, sèale j*irâl...
— Non, senora, bon çré, mal gré, Jusqn'en votre logis je voiis escorterai.
— Non, non, cessez de me presser.
— 11 le faut... je dois yous laisser.
Mais un baiser.
Un seol baiser!
Comment le refuser^ Un baiser... je le Yeux..* 11 en prit deux!
Et pendant Ce moment, ^ mon Dieu , disais-je en tremblant,
Sanve Thonneur du couvent !
Mais je suis, grâce au ciel, à Tabri de l'orage ; Je n'ai plus rien à craindre dans ce pieux réduit^ Et je ne sais pourtant quelle fatale image Jusqu'au pied des autels m'agite et me poUréiill.
CAYATINE.
Amour, à toi^ dont le nom môme Est ici frappô d'anathème^ Toi, dont gôUTent j'atais bravé les traitl^ Ma souffrance Qui commence 0oit suffire à ta yengeanee!
Pauvre abbesse^ Ma faibletse Devant ton pouvoir s'abaisse.
De mon cœur en proie aux regrets.
Ah! va-t'en, va-t'en pour jamais!
Que mes erreurs soient effacées.
Quand Dieu va recevoir mes vœux.
A lui seul toutes mes pensées...
Oui, je le dois...
( Avec douleilr.) Je ne le peux!
Amour, 6 toi, ddnt le nom liième Est ici trappe d'anathèztlë.
Toi, dont souvent j'atais bravé les traits, etc. (On frappe à U porte 4o fond.)
ACÏÉ ttt, SCÈNE V. Ï9
(Parlé.) Qui vient là?
BRIGITTE^ en dehorl
C'est moi^ Madame.
(Angèle va lui ooTrir.)