‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 57 sur 289 · ACTE m, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IV

Et puis qui vive? Holà!

Qui marche là?

Ce sont des soldats un peu gris ^

Par un sergent ivre conduits.

Sous un sombre portail soudain je me blottit. Et grâce à mon domino noir On passe sans m'apercevoir.

Tandis que moi^ Droite^ immobile et mourante d'effroi, En mon cœur je priais^

Et je disais :

mon Dieu! Dieu puissant!

SauTe-moi de tout accident^ Sauve rhonneur du couTent!

Ils sont partis.

Je me hasarde^ et m'ayance et frémis.

Mais Toilà qu*au détour D'un carrefour S'offre à mes yeux Ud inconnu sombre et mystérieux.

Ah ! je me meurs de peur^ C'est un Yoleur!

n me demande^ chapeau bas^ La faveur de quelques ducats; Et moi d'un air poli je lui disais bien bas ! Je n'ai rien^ monsieur le Toleur, Qu'une croix de peu de valeur !

Elle était d'or, (Croisant ses bras sur sa poitrine.) Et de mon mieux je la cachais encor...

Le voleur, malgré ça, S'en empara.

Et pendant Ce moment:

mon Dieu! disais-je en tremblant.

Sauve l'honneur du couvent !

En cet instant.

Passe en chantant Un jeune étudiant !

Le voleur à ce bruit Soudain s'enfuit.

Mon défenseur Court près de moi... Calmez votre frayeur.

Je ne tous qaftte pas, Prenez mon bras.

— Non, tion. Monsieur, sèale j*irâl...

— Non, senora, bon çré, mal gré, Jusqn'en votre logis je voiis escorterai.

— Non, non, cessez de me presser.

— 11 le faut... je dois yous laisser.

Mais un baiser.

Un seol baiser!

Comment le refuser^ Un baiser... je le Yeux..* 11 en prit deux!

Et pendant Ce moment, ^ mon Dieu , disais-je en tremblant,

Sanve Thonneur du couvent !

Mais je suis, grâce au ciel, à Tabri de l'orage ; Je n'ai plus rien à craindre dans ce pieux réduit^ Et je ne sais pourtant quelle fatale image Jusqu'au pied des autels m'agite et me poUréiill.

CAYATINE.

Amour, à toi^ dont le nom môme Est ici frappô d'anathème^ Toi, dont gôUTent j'atais bravé les traitl^ Ma souffrance Qui commence 0oit suffire à ta yengeanee!

Pauvre abbesse^ Ma faibletse Devant ton pouvoir s'abaisse.

De mon cœur en proie aux regrets.

Ah! va-t'en, va-t'en pour jamais!

Que mes erreurs soient effacées.

Quand Dieu va recevoir mes vœux.

A lui seul toutes mes pensées...

Oui, je le dois...

( Avec douleilr.) Je ne le peux!

Amour, 6 toi, ddnt le nom liième Est ici trappe d'anathèztlë.

Toi, dont souvent j'atais bravé les traits, etc. (On frappe à U porte 4o fond.)

ACÏÉ ttt, SCÈNE V. Ï9

(Parlé.) Qui vient là?

BRIGITTE^ en dehorl

C'est moi^ Madame.

(Angèle va lui ooTrir.)

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