SCÈNE V
ANGËLE^ BRIGITTE^ rentrant par la porte du fond qu*eUe referme. BRIGITTE.
C'est vous!... c'est vous. Madame!... enfin Je tous revois... Mais qui donc vous a ouveit la porte du couvent?
ANGÈLEy montrant le trousieaU de clés qu^elle a jeté siir le fauteuil.
Je te le dirai.
BRIGITTE
Le trousseau de clés de Gil Ferez, le cOnciéi*ge... Comitlcnt est-il entre vos mains?
AIIGÉLE.
Tais-toi! h'ëiiténds-tu pas?...
BRIGITTE, montrant la porte à droite.
C'est le premier coup de matines... Ah! cette porte que j'oubliais. (EUe Ta la fermer.)
ANGÈLE
Je rentre vite dans mon appartement. '
BRIGITTE
D'autant que sœur Ursule est toujours là pour vous espionner.
AMGÉLB.
A une pareille heure!
BRIGITTE
Elle est si méchante qu'elle ne dort pas... et elle médite quelque trame contre vous, car elle meurt d'envie d'être abbesse.
ANGÊLE, à part.
Plût au ciel!
BRIGITTE
Aujourd'hui même, où vous devez prendre le voile, elle ne perd pas l'espoir de vous supplanter... Elle a à la coui- son oncle Gregorio de Meilos, un intrigant, qui saisira toutes les occasions... Elle m'assurait même qu'il s'en présentait une... j'ai cru que c'était votvc absence, et je tremblais,
ANGÉLE.
Non... non, par malheur, elle' ne réussira pas.
BRIGITTE
Que dites-TOus?
ANGÈLE
Que je suis bien à plaindre, Brigitte; et ces vœux que je ▼ais prononcer feront maintenant le malheur de ma vie.
BRIGITTE
Refusez.
Est-ce que c'est possible, quand la reine l'ordonne^ quand j'y ai consenti, quand lord Ëlfort et sa femme, mes seuls parents, ma seule famille, vont ce inatin, ainsi que tout Madrid, arriver pour être témoins de quoi?... d'un pareil éclat... Non, non, il faut se soumettre à sa destinée, et aujourdliui, Brigitte... aujourd'hui, tout sera iini pour moi!...
BRIGITTE, a^ee compassion.
Pauvre abbesse!... on vient, partez vite. (Angèie rentra dans son
appartement, et Brigitte va ontrir la porte du fond à gauche.)