ACTE I, SCÈNE lY
(Soulevant sa tète de temps en temps») Pendant que je sommeille.
D'ici je vois très-bien.
suave merveille!
Quel bonheur est le mien!
(Brigitte retourne à la porte du bal, regarde le boléro , et Angèle se rapproche du canapé.) ANGÉLE.
Ah ! combien mon âme est émue !
HORACE^ à demi voix sur le canapé et feignant de rêver. A toi!... toujo,urs à toi.
Ma charmante inconnue!
ANGÉLE.
En dormant il pense à moi !
DEUXIÈME COUPLET
Nul sentiment coupable en ces lieux ne m'anime. Et pourtant y rester est mai... je le sens bien! Mais ce bouquet... je puis le lui laisser sans crime. Il dort... il dort!... il n'en saura rien!
Non! il n'en saura jamais rien!
(Elle place un bouquet sur le canapé à côté d*Horace; en ce moment le bruit de Torchestre reprend une nouvelle force; elle s'éloigne vivement.)
ENSEMBLE
ANGÈLE
Je crains qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux!
Et tout me le conseille, » Fuyons loin de ces lieux!
Mais non, quelle merveille, 11 dort! il dort très-bien!
Mou Dieu! fais qu*U sommeille Et qn'il n'entende rien !
BRIGITTE
Bien loin qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux.
On dirait qu'il sommeille Et n'en rêve que mieux!
Ah! c'est une merveille.
Et je n'y conçois rien; Vraiment, quand il sommeille.
Ce monsieur dort très-bien !
ii LE DOMINO NOTR.
HORACE
Ah! loin que je m'éveille^ Fermons^ fermons les yeux!
L*amour me le conseille :
Dormons pour être heureux!
Pendant que je sommeille^ D'ici je YOis très-bien!
(Prenant le bouquet qu'il eaehe dans son sein.) suàTe merveille I Quel bonheur est le mien !