SCENE YU
BABYLAS
Que sa main déchire En papillottes!
STENIO^ aTec effroi.
Ah! grands dieux!
(yiYement.) Mais non... rêveuse^ elle soupire Et pense à moi!...
BABTLAS.
Si tu le yeux.
Mot pour mot^ je Tais te traduire Sa pensée et ses moindres ?œux.
Écoute bien !
(Contrefaisant la voix de femme.) Lequel... lequel épouserai-je.
Du sénateur ou du marquis?
STENIO, à part.
ciel!
BABTLAS, continuant comme si Lélia parlait.
L'un est puissant et me protège!...
L'autre est riche... et je m'enrichis!...
Stenio^ qui m'aime, et que je trompe ' N'est rien qu'un bourgeois, un marchand,
(lélia, se mettant à la table, a Tair d'écrire.) Il faut donc qu'avec lui je rompe.
Le plus tôt est le plus prudent.
STENIO, avec fureur.
Perfide!..
(U 8*élance -vers le tableau de gaze; les branches d*arbre se rapprochent et se referment. Lélia disparaît. On ne voit plus que le fond des jardins en dehors du paTiilon.)
ENSEMBLE
8TENI0, revenant sur le devant du tliéâtrti Mais non!... c'est une ruse^ C'est un piège infernal!
Ta malice m'abuse Par ce tableau fatal!
Tais-toi!... Tu calomnies iSa vertu, ses attraits!
A tant de perfidies Je ne croirai jamais!
gS LE SIA9U& 4 t^^GOLE.
Jamais!... jamais !
BATTUS, riapt et se frottant les maias.
I( croit que je Tabuse.
Le trait est joTîal !
II prend pour une ruse Un tour si déloyal!
C'est moi qui calomnie Ses innocents attraits. •• A tant de bonhomie L'on ne croira jamais !
Jamais!... jamais!
ÇA^TLASj toujours ri^^it.
C'est un vrai service à lui rendre.
Allons, rpgfarde de nouveau!
(tes branches s'entr'outrent de noaveau. L'on aperçoit Lélia assise à une iable, à côté d'un seigneut richement habillé ^i lui tient la ty^nin et la regarde avec tendresse. Lélia baisse 1^ yens.)
STENIO^ stupéfait
Qqe vois-Jef
nXBYLAS.
Veux-tu les entendre?
Écoute ce tendre duo!
(Contrefaisant tour à tour la Toix de femme et la voix de liasse-taille.)
(Voix de femme.) Oui, Monseigneur, mon trouble extrême Vous dit assev que je yops ^in^e.
(Yoix d'homme.) Tendre pudeur!... aveu bien doux!
(Toîx de femme.) Moi, je n*aimai Jamais que vous !
(Voix d'homme.) Que moi?
(Toix de femme.)
Que voii9i Vous êtes le premier.
(Toix d'homme.) Moi?
(Yoix 4e fentme.) Vous!
STENIO, voulant s'élancer.
Ah! coquette!
SGÂNE VIT. tS
fiABtLAS.
Écoutez toujoors^ Oo Touâ allez perdre de leurs discours ! -
(Voix de femme.) Nos deux âmes n'en feront qu'une.
(Yoix d^homme.) Nos deux âmes et ma fortune !
'Il faut donc croire à yos amours!
(Voix de femme.) Ainsi^ Yous m*aimercz toujours?
(Voix dTiomme.) Toujours !
(ToIx de femme.) oujours!...
(Toix d'homme.) Reçois ma main !...
(YoIx de femme.) A toi toujours !
^Le seigneur presse contre son cœar la main de lèfia et veut la porter à
ses lèvres.) STENIO.
Ah! c'en est trop!
(il s^élauce vers le tableau, qui disparait; le jour revient et Stenio s'avance sur
le devant du théâtre.) ^
ENSEMBLE
Mais non^ c'est une ruse^ C'est un piège infefoal^ etc.]
BilBTLAS^ riant.
Il croit que je Tabuse; Le trait est jovial^ etc.
(Fiamma s'avance timidement sur la pointe du pied, et tenant à la main un«
lettre.) STENIO^ se retournant brusquement.
QuiYientlà! cette lettre...
(jetant les yeux dessus, et la prenant.)
Ah! c'est de Lélial (à. Fiamma qui ose à peine lever la tète et regarder Babylas.) Laisse*nous.
(Fiamma s'enfuit sans regarder, et en ayant Taîr de dire : je ne demande pas
mieux. ) C'est sa main... c'est bien d'elle... Et voilû
81 LE DIABLE A L'eCOLE.
l)e quoi prouver ton mensonge...
Et prouver son amour...
(Ea parlant ainsi, il a ouvert la lettre et y jette les yeux.)
Dieu! que vois-je? Est-ce un songe
(Se frottant les yeux et lisant.) « Plaignei-moi... du destin un caprice nouveau « Me force d'épouser le marquis Dandolo...
« Et quand vous recevrez cette lettre... » Ah! parjure!
BABYLAS, riant et montrant le fond du théâtre. Le tableau si fidèle est-il une imposture?
STENIO
Plus d'amour! plus d'espoir, tout me trahit, hélas !
BABTLAS, à part, et riant.
Je ne suis pas le seul qu'on attrape ici-bas!
STENIO, avec fureur Perfide! infidèle!
J'ai donné pour elle Bffa vie éternelle Et mes plus beaux jours t Elle m'abandonne...
Qu'ici le ciel tonne...
Satan, Je me donne A toi pour toujours !
BABTLAS, avec joie.
gloire éternelle !
Conquête nouvelle...
J'espère, par elle, De glorieux jours...
Le succès couronne Mon ft-ont qui rayonna; Son âme se donne A moi pour toujours!
STBMIO, hors de loi.
Ah! dans l'excès de rage où mon âme se livre^ 61 déjà je n'étais à toi par mon serment.
Je m'y donnerais maintenant! ^' Bans retard, sans délai, je suis prêt à te suivre!
BABTLAS.
Non! l'instant n'est pas expiré.
Quelques heures encor!
STEmo.
Et j'en profiterai