‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 175 sur 276 · FERNAND, ESTRELLA · texte numérisé non relu

FERNAND, ESTRELLA

FERNAND, à part.

6'est-à-dire... qu'il est fou !... et quand je pense que cela vient de lui prendre subitement.

ESTRELLA, qui est rerenue, s^approche de Femand et lui dit à demi Toit.

Imprudent !

FEBNAND.

Et vous aussi?...

ESTRELLA

Ne parlez à personne... de ce que vous venez de nous apprendre !... c'est déjà trop que Maximus en soit instruit.

FERNAND

Et pourquoi?

ESTRELLA

Parce qu'il y va de vos jours... parce que vous êtes perdu...

FERN^tND.

Pour avoir sauvé la reine ! (le grillage de roratoire B*abai88e{ U reine parait et se recule Tîyement à la -vue de Femand.) «

ESTRELLA

Non... mais pour l'avoir relevée dans vos bras... voilà où est le malheur...

FERNAND

Dis donc le seul bonneur qui me rester., lorsqu'elle était

A6TE lî, SCÈNE YI. 245

là^ ëvanouie... et moi à genoux... devant elle... tenant sa main dans la mienne... si tu savais ce que j'éprouvais alors ^

quel feu brûlait mon sang!... (Mouyement de la reine.)

ESTRELLAj viTement.

Il ne fallait pas^ Monsieur, il ne fallait pas. Élevé loin d'ici, en France... vous ignorez que toucher à la reine, c'est un crime affreux... épouvantable... un crime que Ton punit de mort.

FERNAND

Allons donc !

ESTRELLA

C'est comme je vous le dis !

FERNAND

Et la reconnaissance?...

ESTRELLA

C'est ainsi qu'on l'entend dans ce pays... et j'espère que ça doit vous effrayer?

FERNAND

Moi !... vienne un nouveau péril, et, au risque de ma vie, je serai trop heureux de la sauver encor, quoique tout à l'heure elle m'ait repoussé... méconnu... Mais, comme tu le disais... ils sont tous ingrats, c'est leur nature ! (Dans son agitai

tation, il fait quelques pas devant la fenêtre du pavillon; la reine se retire vivement de peur d^être aperçue, mais Fernand, sans la voir, revient auprès

d*Estreii9i,) Mon père avait fidèlement servi son roi et ce roi l'a banni ! moi, j'ai sauvé la reine, et, ingrate comme son père, elle a dit en me voyant : Quel est cet homme?... qu'il s'éloigne ! (il remonte le théâtre. La reine s*élance vers la porte du pavillon , où elle s*arréte. Femand est ramené par Estrella. La lein» revient lentement à U fenêtre.)

ESTRELLA

Don Femand... calmex-vous !

Non pas que je veuille rien d'elle !... car si je regrette la faveur qu'un instant j'avais rêvée, c'est pour toi, Estrella, pour te faire obtenir près de la reine cet emploi que tu désires et que le régent voudrait te faire acheter. (La reine fait un mouve

ment d'attention.)

ESTRELLA

Quoi !.. vAiment.., vous auriez voulu me protéger?

94t> NE TOtJGHtt PAS À ii REINE.

^JtAAND.

G'est tout naturel.

Eh bien... si c'était ffloi... ati cohtràire^ qui vinsse à votre aide.

Toi!

ESTRELLA

Voyons... que désirez-vou!i en ce moment ?..«

FERIfAND.

Tu me le demandes ! ce sersdt dé vivre près d'elle... de l'adorer en secret... de la voir à ehàtiue Instant; etifih, d'obtenir d'elle un regard de bonté^ ur sourire de bienveillance..,

ESTRELLA

Ça^ ça regarde personneUement la reine... mon pouvoir ne va pas jusque-là I

FERNAND5 puunt avec agitation devant EélfcHs.

Et la reine s'est écriée : Quel est cet homme ? qu'il s'éloigne ! Aussi jç V9UX partir.»» aller me faire tuer ]K>ur elle... commo soldat.

BRBBLU.

Vous... un gentilhomme.

rERNAND.

Et le moyen de faire autrement.. « est-ce que je peiix lever une compagnie à met frais? estK^e que je peux en obtenir une?

ESTRELLA

Peutrètre!

Et qui done me la domiertit?

ESTRELLA

Moi!...

FERNANDE lowiut*

Toi!... Estrella! et comment?

ESTRELLA^ délM^io^ le nœud do rabasB de m Miffure «I rattachant i ma

oonage.

Vous allez k savoir.

PRdllSR GOOPLBt.

Je connais une chaîne.

Un galant talisman, #

Par qui l^àmour vous mëm^

âGtB n, SCÈNE Vï. SW

Et commande en tyran.

Par lui que de conquêtes ^ Que de brillants exploits Ouit au front des coquettét Mis le bandeau des rois.

Yoyei-Tous cet amant Infidèle un moment !

n retient plus constant

Et plus brûlant

Ou'auparaTant.

Quelle est donc cette cbaloe^ Quel est et! talcEman Qui soudain le ramène?...

(Détachant le ruban de son corsage*)

C'est un ruban ^ Un ruban!

Par witL pouvoir 8tt)[>rétfie> Tbot TOUS sefti fiouiâis^ fit le régent l«i-môm« Sera de toe amis.

Ovk, de 86tt insolence lîe eraigaec plus d*afikvntfe| De son obéissance C'est moi qui vous réponds.

Puiy Monsieur, oui^ yraiment| Ce qu'hélas^ tout tremblant Vous n'osez demander.

On Ta TOUS raccorder..»

Et ce pouYoir suprême^ Ce galant talistnan.

Tenez, voyez vous-mômel iTenï un ruban.

Un ruban!

Vous isflei; présenter celui-ci à monseigneur le régent, de AMt |>8tri..«

FERNAND, étonné.

De ta part?

ESTRELLA

Et VOUS lui demaaéarez enëcbange..^ une compagnie... une belle compagnie...

Allons donc!...

ESTRFXLA.

Qu'il VOUS accordera sur-le-champ.

FERNAND

Tu te moques de moi !

ESTRELLA

Vous allez voir ! car le voici... (a part, TiTcment.) Et mon mari

que j'oubliais! (sue fait quelques pab' pour sortir, se retourne, et voyant

rétonnement de Femand.) Eh bien!., quand VOUS me regarderez ainsi... allons! du courage... on dirait que vous tremblez... et VOUS voulez commander une compagnie!... (Lui faisant'ia réié-

fence. Elle sort en courant.)

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