SCÈNE IX
LE RÉGENT^ LA REINE ^ deux pagis.
Ah! c'est toij don Fadrique?
LE RÉGENT
Moi-même, qui viens de nouveau m'exposer au courroux de
Votre Majesté, (prenant les papiers qu'il tenait à la main en entrant, et
f (SO NE TOVàHÈt VAS A LA EE1N£.
qu*ii a placés dans ton ftébi.) lô Yais liii paîlet âès affaires de l'État.
LA RÈINB.
Oui^ tù me reproches toujours de tle pas âi*eii ôcctlper, et je veux te prouver que je me corrige!
LtS ItÉGENf , à iMirt.
C'est ce que nous allons voir!... Si Votre llâjè^td ffexit t>a3ser dans...
lA ilÈinc.
If OU; nt)iis sommes àt bien ici!
LE RÉGENT
Soit! (aux pages.) Dans le cabinet de la reine ^ j'ai remis liier un portefeuille en velours... qu'on nous l'apporte... Allez!
(Les deux pages sortent.)
LA bbihb.
Quoi! ce vaste portefeuille... )
LE RÉGENT
Votre Msjesté s'efiraie^trelle déjà?
Pour toi^ don Fadrique! car j'ai beaucoup de choses à te dire... (sans le regarder.) D'abord^ tu Hs demièrcmimt nommé Mazimus argentier de la cour...
LÉ RÉGENT
Votre Majesté ea serait-^Ue mécontente?
LA REINE ^ gratement.
Très-bon choix! honune de génie... il m'a fait des bracelets magnifiques... Pour le récompenser^ (Appuyant sur les mod.) tu nommeras sa jeune femme à quelque office auprès de notre personne!
LB RÉGENT^ étonnf .
Qu'entends-je? Qm done a recommandé* la len^ni Bstrella à Votre Majesté?
Toi-même! tu m'en as parlé plusiéhrs fois. (Gracieusement.) E dès que tu le veux* nous le voulons.
LB RÉGENT
jiais...
Lk REINE^ aiae autorité.
Cest notre désir...
LE RÉGEiVT^ à part.
D'où Vient tant d'intérêt?
kCTt Uy SGÂNl IX. S51
LA R^I9I?; ^vee .iqi giy 4'evbarriift, s^j^s ceg««d« le régenl.
Tu as aussi ce matin donné audience à un jeune gaiiilhomme...
LB RÉGENT
Moi!
Auquel^ m'a-t-on dit, tu désires êtm utile... car on a envers lui des tort§ à réparer.
LE RËGERT.
Don Femand d'Aguilar?
LA REINE, feignant Vétonaême&t,
Ah! on le nomme d'Aguiiar... (Noblement.) Les gentilhommes de cette maison ont rendu de g^nds services à la couronne de Léon. Je ne yeux pas qu'ils puissent nous croire ingrate, ^n
appuyant sur ce mot elle indique qu'elle se rappelle les paroles de Femand.)
LE RÉGENT
AuÊsije yiens de lui accorder une compagnie et d/s le placer dans i-Estramadure.
Ce n'est pas «Mezl
LE RÉGENT
PasasME loinf
LA REINQ.
Pas asset haut , ^foojoDis, «ans regardai le régeat.) tU 1|S nomme-
i«s ëeuyer ptès de notre personnel
LE RÉ6ENT, à part.
Je reste stupéfait; (Haut) mais, Madame.
Puisse cette faveur, qu'il t^e 4^v^^, attester à tous les yeux la haute estime f^e Qpus aç/çprdqpsf ^ nptre ))ie^';^é qausin et tuteur.
LE RÉGPNT*
S'il en est mkùf j'ose espérer que Votre Majesté accueillera mes avis sur un sujet bien autremeot important.
i.A BEINS, avec bienMillaaca.
Et lequel?
LE 9ÉGENT.
Votre inariage I
Ah! encore!
LE RÉGENT, suivant pat à pas la reine qui sW mise à mareher atec ennui.
Je n'ai reçu le pouvoir pendant votre miïQorité que pour le
remettre aux mains d'un roi... il faut donc choisir... et le roi d'Aragon...
Tu le protèges beaucoup.
LE RÉGENT
Il a de grandes qualités!
Oui, (a part.) faible et dévot! avec lui mon cher tuteur con*
tinuerait la régence indéfiniment. (Les deax pages rentrent en ce moment, Tun tient le portefeuille demandé par le régent, Tautre apporte pour la reine un fauteuil à ses armes ; il le dépose auprès de la table qu'il aTasce ainsi que le siège de jardin qui se trouTait là.)
LE RÉGENT^ aux pages.
Retirez-vous!
Un moment! (au régent.) Quand on fait des heureux, la promptitude ajoute au bienfait, (au page qui est resté.) Préviens notre argentier que monseigneur le régent veut bien attacher
sa femme à notre service. (Le page s'incline et va sortir.)
LA REINE, Tivement.
Ce n est pas tout. (Le page roTient, la reine continue avec un peu d'embarras et sans regarder le régent.) Préviens auSSi don Femand
d'Aguilar qu'il reste à ma cour et qu'à dater d'aujourd'hui il prendra rang parmi nos écuyers. (Mouvement du régent; u tant fc»
ligne au page d'exécuter ses ordres. Le page s'incline et sort.)
DUO
A tes désirs, seigneur, la reine aime à souscrire : Ta dois le voir!
Pour lors. Madame, écoutez-moi I
Mon sage gouverneur, qu'as-tu donc à me dire? S agit-Il d'une chasse ou d'un brillant ^urnoi?
LE RÉGENT
Des affaires d'État le souci nous réclame!
LA REINE, avec efiEh>i.
p Sera-ce long?
LE RÉGENT
• ^ C'est important. Madame.